SHinta-SiAenne. Ou plutôt de Louis XIII. Sainl-Solenne
Qui voulaient marcher à leur ai^e,
Se plaignit eX fit la mauvaise ;
Et messieurs les Orléanois
Dirent au Sort, tous d'une voix,
Une fois, deux fois, et trois fois,
Qu'il eût à leur ôter la peine De monter, de descendre, et remonter encor ;
(( Quoil toujours mont, et jamais plaine!
Faites-nous avoir triple haleine,
Jambes de fer, naturel fort.
Ou nous * donnez une campag-ne
Qui n'ait plus ni mont ni montag-ne.
— Oh! oh! leur repartit le Sort, Vous faites les mutins ! et dans toutes les Gaules Je ne vois que vous seuls qui des monts vous plaigniez I
Puisqu'ils vous nuisent à vos pieds,
Vous les aurez sur vos épaules. »
Lors la Beauce de s'aplanir %
De s'ég-aler, de devenir
Un terroir uni comme g-lace ;
Et bossus de naître en la place,
Et monts de déloger des champs.
Tout ne put tenir sur les g-ens :
Si bien que la troupe céleste,
Ne sachant que faire du reste, S'en allait les placer dans le terroir voisin. Lorsque Jupiter dit : « Éparg-nons la Touraine
Et le Blésois ; car ce domaine
Doit être un jour à mon cousin ^ :
Mettons-les dans le Limosin. »
l.Ou nous donnez. Grammaire, tord, à travers, de çà, de là, par
pince du pronom régime. cy, par là, de long, de large, des-
:;. Rabelais nous donne une sus, dessous, abattoit bois comme
autre explication du fait. La ju- un fauscheur faict d'iierbes. En
ment de Gargantua traversait la sorte (jue depuis n'y eust ne bois
Beauce, qui était alors couverte ne freslons, mais feut tout le pays
dune épaisse forêt et infestée de reduict en campaigne. Quoy voyant
frelons. Gargantua y print plaisir bien
« Soubdain qu'ils feurent entrez grand, sans àultrement s en vanter
en la dicte forest, et que les fres- et dist à ses gens : « Je trouve ieau
Ions luy eurent livré l'assault. ce », dont fut depuis appelé ce
elle desguaina sa queue, et si bien pays la Beauce. » (1, lô.)
s'escarmouchant, les esmoucha, 3. Mon cousin. Monsieur, traité
quelle en abattit tout le bois : à ici en demi-dieu par Jupiter.
3l> I-A FONTAINE
Ceux de Blois, comme voisins et bons amis de ceux d'Orléans, les ont soulagés d'une partie de leurs charges. Les uns et les autres doivent encore avoir une génération de bossus, et puis c'en est fait.
Vous aurez pour cette tradition telle croyance qu'il vous plaira. Ce (jue je vous assure être foj:'t vrai, est que M. de Châteauneut" et moi nous déjeunâmes très bien, et allâmes voir ensuite le logis du prince. Il a été bâti à plusieurs reprises, une partie sous François P'', l'autre sous quelqu'un de ses devanciers. Il y a en face un corps de logis à la moderne, que feu Alonsieur a fait commencer: toutes ces trois pièces ne font, Dieu merci, nulle symétrie, et n'ont rapport ni convenance l'une avec l'autre: l'architecte a évitécela autant qu'il a pu. Ce qu'a fait faire François P"", à le regarder du dehors, me contenta plus que tout le reste : il y a force petites galeries, petites fenêtres,. petits balcons, petits ornements sans régularité et sans ordre ; cela fait quelque chose de grand qui plaît assez ^ Nous n'eûmes pas le loisir de voir le dedans ; je n'en regrettai que la chambre où Monsieur est mort, car je la considérais comme une relique : en effet, il n'y a personne qui ne doive avoir une extrême vénération pour la mémoire de ce prince. Les peuples de ces contrées le pleurent encore avec raison: jamais règne ne fut plus doux, plus tran-
uille, ni plus heureux que l'a été le sien; et en vérité
e semblables princes devraient naître un peu plus souvent, ou ne point mourir. J'eusse aussi fort souhaité de voir son jardin de plantes, lequel on tenait, pgndant sa vie, pour le plus parfait qui fût au monde: il ne plut
f)as à notre cocher, qui ne se soucia que de déjeuner argement, puis nous fit partir.
Tant que la joui-née dura, nous eûmes beau temps,
1, Les premiers comtes de Blois, tie pour la reconstruire 5 neuf.
des ninisons de (:hanip;i<.'ne et de Notre poète vit la laçade qui
Chàtillon, avaient bâti la partie regarde l'orient, et celle cjui lait
occidentale, mais il n'en restait face au midi, nui avaient été buties
Elus qu'unf: grosse tour lorsque par Louis \II, et la façade sep-
a Fontairte écrivait, (iaslon, en lentrionale qu'avait fait construire
1635, avait fait d(ini<Jlir celte par- François I<>^ (Walckenaer.)
beau chemin, beau pays: surtou t la levée ^ ne nous quitta
F oint, ou nous ne quittâmes point la levée ; l'un vaut autre. C'est une chaussée qui suit les bords de la Loire, et retient cette rivière dans son lit: ouvrage qui a coûté bien du temps à faire, et qui en coûte encore beaucoup à entretenir. Quant au pays, je ne vous en saurais dire assez de merveilles. Point de ces monta,2:nes pelées qui choquent tant notre cher M. de MaucroiN ; mais, de part et d'autre, coteaux les plus agréablement vêtus qui soient dans le monde...
La Loire est donc une rivière Arrosant un pays favorisé des cieux.
Douce, quand il lui plail, quand il lui plait. si fière - Qu'à peine arréte-t-on son cours impérieux. Elle ravagerait mille moissons fertiles, Engloutirait des bourgs, ferait flotter des villes,
Détruirait tout en une nuit ;
Il ne faudrait qu'une journée
Pour lui voir entraîner le fruit
De tout le labeur d'une année.
Si le l&ui^ de ses bords n'était une levée
Qu'on entrelient soigneusement :
Dès lors qu'un endroit se dément %
On le rétablit tout à l'heure*;
La moindre brèche n'y demeure
Sans qu'on y touche incessamment ;
Et pour cet entretènement%
Unique obstacle à tels ravages,
Chacun a son déparlement ^
Communautés, bourgs, et villages.
Vous croyez bien qu'étant sur ses rivages, Nos gens et moi nous ne manquâmes pas De promener à l'entour notre vue :
J'y rencontrai de si charmants appas