‹ Œuvres choisiesChapitre 211 sur 507 · LIVRE VI. FABLE XVI · texte numérisé non relu

LIVRE VI. FABLE XVI

Un manant * au miroir prenait des oisillons. Le fantôme * brillant attire une alouette : Aussitôt un autour % planant sur les sillons,

Descend des airs, fond, et se jette Sur celle qui chantait, quoique près du tombeau. Elle avait évité la perfide machine, Lorsque, se rencontrant sous la main * de l'oiseau.

Elle sent son ongulé maline '\ Pendant qu'à la plumer l'autour est occupé. Lui-même sous les rets ° demeure enveloppé : « Oiseleur, laisse-moi, dit-il en son langage ;

Je ne t'ai jamais fait de mal. »

L'oiseleur repartit : « Ce petit animal

T'en avait-il fait davantage ? »

Fable XVL — Le cheval et l'âne L

En ce monde il se faut l'un l'autre secourir * : Si ton voisin vient à mourir, C'est sur toi que le fardeau tombe.

Un âne accompagnait un cheval peu courtois, Celui-ci ne portant que son simple harnois % Et le pauvre baudet si chargé, qu'il succombe. Il pria le cheval de l'aider quelque peu ; Autrement il mourrait devant^' qu'être ù la ville. (( La prière, dit-il, n'en est pas incivile : Moitié de ce fardeau ne vous sera que jeu. » Le cheval refusa, fit une pétarade ; Tant " qu'il vit sous le faix mourir son camarade,

Et reconnut qu'il avait tort.

Du baudet, en cette aventure,

On lui fit porter la voiture '%

Et la peau par-dessus encor.

Page 1