‹ Œuvres choisiesChapitre 212 sur 507 · Ésope, 177, ment · texte numérisé non relu

Ésope, 177, ment

Fable X\ II — Le chien qui lâche sa proie pour l'ombre \

Cliacun se trompe ici-bas :

On voit courir aj3rès l'ombre Tant (le fous, qu'on n'en sait pas La plupart du temps le nombre.

Au chien dont parle Esope il faut les renvoyer.

Ce chien, voyant sa proie en l'eau représentée,

La quitta pour l'image, et pensa " se noyer :

La rivière devint tout d'un coup agitée ^; A toute peine il regagna les bords, Et n'eut ni l'ombre ni le corps*.

Fable XVllL — Le chartier embourbé '•

Le phaéton" d'une voiture à foin Vit son char embourbé. Le pauvre homme était loin De tout humain secours : c'étnit à la campagne, Près d'un certain canton ' de la Basse-Bretagne,

Appelé Quimper-Corentin.

On sait assez que le Destin Adresse là les gens quand il veut qu'on enrage :

Dieu nous préserve du voyage I Pour venir au chartier * embourbé dans ces lieux, Le voilà qui déteste " et jure de son mieux.

Pestant, en sa fureur extrême.

Tantôt contre les trous, puis contre ses chevaux,

Contre son char, contre lui-même.

Il invoque à la fm le dieu dont les travaux

Sont si célèbres dans le monde :

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