Si. Lex. il ne l'aurait pas fallu, mon iiicli
3. Qu'il achoisie. V. extrait Pre- ncition m'y portait. » Préface de face, cité p. 245. Psyché.
IIJ- LA fONTAlNB
mieux qu'on me fasse rire quand je dois pleurer, que si l'on me laisail pleurer lorsque je dois rire. Cesi. pourquoi, encore une fois, continuez comme vous avez commencé.
— Laissons-lui reprendre haleine auparavant, dit Acanle : le i;rand chaud étant passé, rien ne nous empêche de sortir d'ici, et de voir en nous promenant les endroits les plus ai^'^réables de ce jardin. Bien que nous les ayons vus plusieurs fois, je ne laisse pas d'en être touché, et crois qu'Ariste et Polyphile le sont aussi. Nous nous assoirons sur l'herbe menue pour écouter Polyphile, et plaindrons les peines et les infortunes de son héroïne avec une tendresse d'autant plus grande que la présence de ces objets nous remplira l'àme d'une douce mélancolie. Quand le soleil nous verra pleurer, ce ne sera pas un yrand mal : il en voit bien d'autres par l'univers qui en font autant, non pour le malheur d'autrui, mais pour le leur propre. » Acante fut cru, et on se leva.
Au sortir de cet endroit, ils firent cinq ou six cents j)as sans rien dire. Gélaste, ennuyé de ce long- silence, l'interrompit ; et fronçant un peu son sourcil : « Je vous ai, dit-il, tantôt laissés mettre le plaisir de rire après celui de pleurer : trouverez-vous bon que je vont guérisse de cette erreur ? Vous savez que le rire ess ami de l'homme *, et le mien particulier ; m'avez-v®us cru capable d'abandonner sa défense sans vous contredire le moins du monde? — Hélas! non, repartit Acante; car, quand il n'y aurait que le plaisir de contredire, vous le trouvez assez grand pour nous engager en une très longue et très opiniâtre dispute \ »
Ces paroles, à quoi ^Gélaste ne s'attendait point, et qui firent faire un petit éclat de risée, l'interdirent im peu. Il en revint aussitôt. « Vous croyez, dit-il, vous sauver par là ; c'est l'ordinaire de ceux qui ont tort, et qui connaissent leur faible, de chercher des fuites ;
1, Mic-uîx est de riz qnedelannes 2. C est en lisant de telles n'-pli-
ieS(Tii)re, ques qu'on se iiersuade que Gc-
Pourre que rirc est le propre lasle est Chai)elle plutôt que Mo-
[de l'hoinnie. lière. (Ilémon.)
(Rauflaip, Aux lecteurs.) ■^Afjuoi.GvammMrcpron.relat.
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mais évitez tant que vous voudrez le coml)at, si* faut-il que vous m'avouiez que votre proposition est ai^surde, et qu'il vaut mieux rire que pleurer.
— A le prendre en général comme vous faites, poursuivit Ariste, cela est vrai ; mais vous falsifiez notre texte. Nous vous disons seulement que la pitié est celui des mouvements du discours que nous tenons le plus» noble, le plus excellent, si vous voulez; je passe encore outre % et le maintiens le plus ag-réable : voyez la hardiesse de mon paradoxe !
— 0 dieux immortels ! s'écria Gélaste, y a-t-il des gens assez fous au monde pour soutenir une opinion sè^ extravagante ? Je ne dis pas que Sophocle et Euripide ne me divertissent davantage que ' quantité de faiseurs» de comédies ; mais mettez les choses en pareil degré d'excellence, quitt?rez-vous le plaisir de voir attraper deux vieillards par un drôle comme Phormion *, pour aller pleurer avec la famille du roi Priam ? — Oui, encore un coup, je le quitterai, dit Ariste, — Et vous aimerez mieux, ajouta Gélaste, écouter Sylvandre faisant des plaintes que d'entendre Hylas entretenant agréablement ses bergères ? ^ — C'est un autre point, poursuivit Ariste ; mettez les choses, comme vous dites, en pareil degré d'excellence, je vous répondrai là-dessus : Sylvandre, après tout, pourrait faire de telles plaintes, que vous les préféreriez vous-même aux bons mots d'Hylas,
— Aux bons mots d'Hylas ! repartit Gélaste : pensez-vous bien à ce que vous dites ? Savez-vous quel homme c'est que l'Hylas de qui nous parlons? C'est le véritable héros d'Astrée : c'est un homme plus nécessaire dans le roman qu'une douzaine de Céladons °. — Avec cela, dit Ariste, s'il y en avait deux, ils vous ennuieraient ; et les autres, en quelque nombre qu'ils soient, ne vous ennuient point. Mais nous ne faisons