A f/uinrc ou vingt lieues. ?.. Son séjour. Arrêt; à Nan
A .six lifîncs seiiloineni. les, Fouquet avait été transférd
-'. lin aspPcA. Sous les yeux. à Amhoi.se.
D'après une Estampe de la Bihlioth
èqiie nationale.
3(3 LA FONTAlNi;
San. la nuit, on n'eût jama.s pu n,'arnu-her de cet ciulroil...
Nous aimons à arrêter les citations de ceite correspondunce sur un mot qui peint si vivement la sensibilité du pocto .
Les Contes. (1665) -Au retour du voyage de Limoges, La F!i!t.u^,e revient à Paris d'où il fait plus d'un t^nr dans sa vi le natale. Là, il Ue connaissance avec une grande dame qui va exercer sui' son esprit une action bien fâcheuse. Marie- Inne Mancini la plus lettrée des nièces de Mazarin, avait tP;s^^;i.svJo^^^U le duc de bouillon J^^ "«^^^^^^^^^ duchesse acquérait parson mariage la :;'^\^^^^]^f^,'''^^^^^^^^ elle y avait même un château voisin du logis de L.i ^^onainc îl se rencontrent; le poète divertit la grande dame. De etour à Paris eUe 'admet dans sa société, elle l'encourage a écrire. Malh ureusen.ent, elle l'engage dans une mauvaise direction C est le moment des Contes, dont les deux premiers recueil, naraissent en 1665 et 1666.(11 en paraîtra trois autres .) ^Su cet ordre de productions, nous ne dirons rien sinon q^e'erfont peu honLur au caractère du poèt., et que m,rne ^on talent d'écrivain y est inférieur à ce qu il sera d,ms les r^e S Von veutme'surer le progrès des Coures aux Fab^e. nourla brièveté la grâce, la linesse, on pourra s en faire une fdT art'co^te' suivant, qui, sans être caracténs.ique en ton
de la manière des Contes, peut passer pourtant pour un des
plus agréables.
Le Paysan qui avait offensé son Seigneur.
Un paysan son seigneur offensa :
L'histoire dit que c'était bagatelle ; Et toutefois ce seigneur le tança Fort rudement. Ce n'est chose nouvelle.
a Coquin, dit-il, tu mérites la hart : Fais ton calcul d'y venir tôt ou tard ; C'est une fin à tes pareils commune.
Mais je suis bon, et de trois peines 1 une
l. IroU autres. 1071. 1074-1675, 2. Lu hart. La corUC. Ii35.
Tu peux choisir : ou de manger trente aulx*, J'entends sans boire et sans prendre repos; 10
Ou de souffrir trente bons coups de g-aules, Bien appliqués sur tes larges épaules ; Ou de payer sur-le-champ cent écus. »
Le paysan consultant ^ là-dessus :
« Trente aulx sans boire ! ah I dit-il en soi-même \ 15
Je n'appris onc* à les manger ainsi;
De recevoir les trente coups aussi %
Je ne le puis sans un péril extrême.
Les cent écus, c'est le pire de tous. »
Incertain donc il se mit à genoux, 20
Et s'écria : « Pour Dieu, miséricorde ! »
Son seigneur dit : « Qu'on apporte une corde ;
Quoi I le galant m'ose répondre encor ! »
Le paysan, de peur qu'on ne le pende,
Fait choix de l'ail; et le seigneur commande 25
Que l'on en cueille, et surtout du plus fort.
Un après un lui-même il fait le compte :
Puis, quand il voit que son calcul se monte
A la trentaine, il les met dans un plat;
Et cela fait, le malheureux pied-plat 30
Prend le plus gros, en pitié le regarde,
jNIange, et rechigne, ainsi que fait un chat
Dont les morceaux sont frottés de moutarde :
Il n'oserait de la langue y toucher.
Son seigneur rit, et surtout il prend garde 35
Que le galant n'avale sans mâcher.
Le premier passe ; aussi fait le deuxième ;
Au tiers ^ il dit : «. Que le diable y ait part ! »
Bref, il en fut à grand 'peine au douzième.
Que s'écriant : « Haro'! la gorge m'ard * ! 40
Tôt, tôt. dil-il. que l'on m'apporle à boire I »
Son seigneur dit : « Ahl ah I sire Grégoire,
Vous-avez soif! je vois qu'en vos repas
1. Aulx. Gousî^es d'ail. 5. Ausn'i. Gram m., né ffat. ■2. ConsulUinL. Délibérant. 6. Tiers. Lex.