La fortune a-t-elle des yeux? d'Épicure
'iVk? LA fonïaim:
\'ous savez que nul n'osL prophète En son pays ^ : clicrchôns noire aventure ailleurs. — Cherchez, dit l'autre ami : pour moi je ne souhaite
Ni climats ni destins meilleurs.
Contentez-vous; suivez votre humeur inquiète* ; Vous reviendrez bientôt. Je lais vœu cependant '
De dormir en vous attendant. »
L'ambitieux, ou, si l'on veut, l'avare *
S'en va par voie et })ar chemin.
Il arriva le lendemain En un lieu que devait la déesse bizarre Fréquenter sur ^ tout autre; et ce lieu, c'est la cour. Là donc pour quelque temps il tixe son séjour, Se trouvant au coucher, au lever % à ces heures
Que l'on sait être les meilleures, Bref, se trouvant à tout, et n'arrivant à rien. « Qu'est ceci ? se dit-il, cherchons ailleurs du bien, La Fortune pourtant habite ces demeures : Je la vois tous les jours entrer chez celui-ci,
Chez celui-là ; d'où vient qu'aussi ' Je ne puis héberger cette capricieuse?
On me l'avait bien dit, que des gens de ce lieu L'on n'aime pas toujours l'humeur andjitieuse. Adieu, messieurs de cour; messieurs de cour, adieu : Suivez jusques au bout une ombre qui vous flatte. La Fortune a, dit-on, des temples à Surate * ; Allons là. » Ce fut un de dire et s'embarquer. Ames de bronze % humains, celui-là fut sans doute Armé de diamant, qui tenta cette route, Et le premier osa l'abîme défier !
Celui-ci, pendant son voyage.
Tourna les yeux vers son village