LIVRE VIII
fabi-j: XIV 329
Il est un berg-er du villag-e Dont l'abord, dont la voix, dont le nom fait rougir :
On soupire à son souvenir ; On ne sait pas pourquoi, cependant on soupire; On a peur de le voir, encor qu'on le désire. »
Amarante dit à l'instant :
< Oh ! oh ! c'est là ce mal que vous me prêchez tant ? !1 ne m'est pas nouveau : je pense le connaître. »
Tircis à son but croyait être, i}uand la belle ajouta : « Voilà tout justement
Ce que je sens pour Glidamant. »
L'autre pensa ^ mourir de dépit et de honte *.
Il est force gens comme lui, Qui prétendent n'agir que pour leur propre compte, Et qui font le marché d'autrui.
Fab^e XIV. j- Les obsèques de la lionne ^
femme du lion mourut ;
Aussitôt chacun accourut
Pour s'acquitter envers le prince De certains compliments de consolation,
Qui sont surcroit d'affliction.
Il fit avertir sa province *
Que les obsèques se feraient Un tel jour, en tel lieu ; ses prévôts ^ y seraient
Pour régler la cérémonie,
Et pour placer la compagnie.
Jugez si chacun s'y trouva.
Le prince aux cris s'abandonna
Et tout son antre en résonna :
Les lions n'ont point d'autre temple.
On entendit, à son exemple.
Rugir en leurs patois messieurs les courtisans. Je définis la cour un pays où les gens, Tristes, ^ais, prêts à tout, à tout indifférents,