LIVRE IX. - • FABLE V
Chez UQ voisin dérobait, ce *■ dit-on, Et fleurs et fruits. Ce voisin, en automne, Des plus beaux dons que nous offre Pomone' Avait la fleur, les autres le rebut.
Chaque saison apportait son tribut:.
Car au printemps il jouissait encore Des plus beaux dons que nous présente Flore. Un jour dans son jardin il vit notre écolier. Qui, grimpant sans ég-arJ sur un arJDre fruitier, Gâtait jusqu'aux boutons, douce et frêle espérance, Avant-coureurs des biens que promet l'abondance. Même il ébranchait l'arbre, et fit tant, à la fin,
Que le possesseur du jardin Envoya faire plainte ^ au maitre de la classe. Celui-ci vint suivi d'un cortège d'enfants:
Voilà le verger plein de gens Pires que le premier. Le pédant, de sa grâce*, Accrut le mal en amenant Cette jeunesse mal instruite :
Le tout, à ce qu'il dit, pour fairj un cliâtiment Qui pût servir d'exemple, et dont toute sa suite Se souvînt à jamais comme d'une leçon.
Là-dessus il cita Virgile et Cicéron,
Avec force traits de science.
Son discours dura tant que la maudite engeance • Eut le temps de gâter en cent lieux le jardina
Je hais les pièces d'éloquence Hors de leur place, et qui n'ont point de fin ;
Et ne sais bête au monde pire Que l'écolier, si ce n'est le pédant.
Le meilleur de ces deux pour voisin, à vrai dire,
Ne me plairait aucunement.
taigiie est celui de nos écrivains 4. De sa grâce. De lui-même,
3 ai a le plus contribué à le lui sans qu'on l'en priât,
onncr (v Essais, L. I, chapitre 5. Engeance. Lex.
XKV.du Pédantlsnie). ^. En cent lieux le jardin. Ddiin
1. Ce dit-on. Gramm., pronom l'Enfant et le maître d'école, \. I dénionstr. 19, le niagister fait aussi une ha-
2. Pomone et Flore, v p. 324, rangue inopportune. Pour le dégât note 2. du jardin, cf. le Jardinier et son