LIVRE IX. FABLE XVIII
El m*ont laissé ravir notre pauvre Robin*;
Robin Mouton, qui par la ville
Me suivait pour un peu de pain, Et qui m'aurait suivi jusques au bout du monde. Hélas! de ma musette^ il entendait le son; 11 me sentait venir de cent pas à la ronde.
Ah I le pauvre Robin Mouton ! »
Quand Guillot eut fmi cette oraison funèbre, Et rendu de Robin la mémoire célèbre,
Il harangua tout le troupeau, Les chefs, la multitude, et jusqu'au moindre agneau,
Les conjurant de tenir ferme :
Gela seul suffirait pour écarter les loups. Foi de peuple d'honneur, ils lui promirent tous
De ne bouger non plus qu'un terme ^ « Nous voulons, dirent-ils, étouffer le glouton
Qui nous a pris Robin Mouton. »
Chacun en répond sur sa tête.
Guillot les crut, et leur lit fête.
Cependant, devant* qu'il fût nuit,
Il arriva nouvel encombre :
Un loup parut; tout le troupeau s'enfuit. Ce n'était pas un loup, ce n'en était que l'ombre.
Haranguez de méchants soldats.
Ils promettront de faire rage ; Mais au moindre danger, adieu tout leur courage : Votre exemple et vos cris ne les retiendront pas.
Discours à Madame de la Sablière^
Iris% je vous louerais : il ^ n'est que trop aisé; Mais vous avez cent fois notre encens refusé* ; En cela peu semblable au reste des mortelles,
1. Robin. « Voyez ce mouton. Il fable « composée », ou ce groupe
a nom ilobin comme vous. » Ra- de fables, a paru, en 1079. — Sur
belai>, IV, 10. M"' de la Sablière, v. Biographie,
-. Muselle. V p. loG, note 1. p. 2ô0.
3. Terme. Borne marquant la G. Iris. Nom de fantaisie, limite d'un champ. 7. //. V.Grarani., pron.démomt.