LE BERGER ET LE ROI
Gravure de l'édition de 1679. (Bibl. nat.)
Fable IX. — Le berger et le roi \
Deux démons ^ à leur "^ré partagent notre vie, Et de son patrimoine ont chassé la raison ; Je ne vois point de cœur qui ne leur sacrifie. Si vous me demandez leur état et leur nom, J'appelle l'un Amour, et l'autre Ambition Cette dernière étend le plus loin son empire ; Car même elle entre dans l'amour ^ Je le ferais bien voir ; mais mon but est de dire Comme * un roi lit venir un berger à sa cour. Le conte est du bon temps, non du siècle où nous somme:
1, Livre des Lumières, p. 132.
— Bidpaï, t. II, p. 214.
2. Dcmons. Les passions sont assimilées ici aux génies qui étaient supposés, chez les anciens, présider à notre destinée et nous dic-
ter des inspirations. — Voir Lex.
3. Amour. Ces passions, dit Pascal, '< nont guère de liaison ensemble, cependant on les» allie assez souvent ».