‹ Œuvres choisiesChapitre 379 sur 507 · Comme. Lex · texte numérisé non relu

Comme. Lex

Ce roi vit un troupeau qui couvrait tous les champs,

lîien broulaat, eu bon corps *, rapportant tous les ans,

Grâce aux soins du berger, de très notables sommes.

Le berger plut au roi par ces soins diligents.

« Tu mérites, dit-il, d'être pasteur de gens ;

Laisse là tes moutons, viens conduire des hommes : Je le lais jug-e souverain -. »

\'oilà notre berger la balance à la main.

IJuoiqu'il n'eût guère vu d'autres gens qu'un ermite,

Son troupeau, ses mâtins^ le loup, et puis c'est tout,

Il avait du bon sens ; le reste ^ ient ensuite. Bref, il en vint fort bien à bout.

L'ermite son voisin accourut pour lui dire :

« Veilié-je ? et n'est-ce point un songe que je vois ?

\'ous, favori ! vous, grand î Déliez-vous des rois ; Leur faveur est glissante : on s'y trompe ; et le pire, C'est qu'il en coûte cher : de pareilles erreurs Ne produisent jamais que d'illustres malheurs. Vous ne connaissez pas l'attrait qui vous engage *. Je vous parle en ami ; craignez tout. » L'autre rit,

Et notre ermite poursuivit :

« Voyez combien déjà la cour vous rend peu sage. Je crois voir cet aveugle à qui, dans un voyage,

Un serpent engourdi de froid-* Vint s'offrir sous la main : il le prit pour un fouet ; Le sien s'était perdu, tombant de sa ceinture. 11 rendait grâce au Ciel de l'heureuse aventure, Quand un passant cria : « Que tenez-vous ? ô dieux ! « Jetez cet animal traître et pernicieux, « Ce serpent! — C'est un fouet. — C'estun serpent, vousdis-je. « A me tant tourmenter quel intérêt m'oblige ? « Prétendez-vous garder ce trésor? — Pourquoi non? « Mon fouet était usé ; j'en retrouve un fort bon ;

1. En bon corps. En bon point, fie avec tant de plaisir sa liberté , en bon état, il est dupe, en attendant qu'il soit

Jugr; souverain. En derni..r

victime;

ressort et sans aijr>e\ ^- f-'oid. Pour la rime de froid

, ,-.,. , avec fouet, v. Ver.sjli( aUon —

"• '"''""«. J-ex Q.^^ ;, i^jdpaï q„e La jM*«taine

4. L'attrait rjui voua ençag^. Le doit l'idéa ae surcliaiger sa fable

berger ne sait pas à quoi il bacri- d'uia .second apologue.

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