‹ Œuvres choisiesChapitre 386 sur 507 · LIVRE X. — FABLE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE X. — FABLE XIII

Quelle ridicule entreprise!

Le sage' l'aura l'ait par tel art et déguise' Qu'on le pourra porter peut-être quatie pas ! Mais jusqu'au haut du mont, d'une haleine ! iP n'est pas Au pouvoir d'un mortel; à moins que la figure Ne soit d'un éléphant nain, pygmée*, avorton,

Propre à mettre au bout d'un bâton:

Auquel cas, où* l'honneur d'une telle aventure? On nous veut attraper dedans^ cette écriture : Ce sera quelque énigme à tromper un enfant. C'est pourquoi je vous laisse avec votre éléphant. » Le raisonneur parti, l'aventureux se lance,

Les yeux clos, à travers cette eau.

Ni profondeur ni violence Ne purent l'arrêter; et, selon l'écriteau. Il vit son éléphant couché sur l'autre rive. Il le prend, il l'emporte, au haut du mont arrive, Ptencontre une esplanade', et puis une cité. Un cri par l'éléphant est aussitôt jeté ;

Le peuple aussitôt sort en armes.

Tout autre aventurier, au bruit de ces alarmes ', Aurait fui: celui-ci, loin de tourner le dos, Veut vendre au moins sa vie, et mourir en héros. Il fut tout étonné d'ouïr cette cohorte Le proclamer monarque au lieu de son roi mort. Il ne se fit prier que de la bonne sorte % Encor que le fardeau fût, dit-il, un peu fort. Sixte ^° en disait autant quand on le fît saint-père:

(Serait-ce bien une misère

Que d'être pape ou d'être roi?) On reconnut bientôt son peu de bonne foi.

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