‹ Œuvres choisiesChapitre 39 sur 507 · Suhlil. Lcx · texte numérisé non relu

Suhlil. Lcx

LA VIE D ESOPE LE PHRYGIEN

pourquoi Plutarque aurait voulu imposer* à la postérité dans ce traité-là, lui qui fait profession d'être véritable partout ailleurs, et de conserver à chacun son caractère. Quand cela serait, je ne saurais que mentir sur la foi dautrui ; me croira-t-on moins que si je m'arrête à la mienne ? Car ce que je puis est de^composer un tissu de mes conjectures, lequel j'intitulerai : Vie d'Esope. Quelque vraisemblable que je le rende, on ne s'y assurera ^ pas ; et, fable pour fable, le lecteur préférera toujours celle de Plaiiude à la mienne.

LA VIE D ESOPE LE PHRYGIEN

■Nous n'avons rien d'assuré touchant la naissance d'Homère et d'Ésope. A peine même sait-on ce qui leur est arrivé de plus remarquable. C'est de quoi il y

a lieu de s'étonner, vu que l'histoire ne rejette pas des choses moins agréables et moins nécessaires que celleslà. Tant de destructeurs *de nations, tant de princes sans mérite ont trouvé des gens qui nous ont appris jusqu'aux moindres particularités de leur vie. et nous ignorons les plus importantes de celles d'Ésope et d'Homère, c'est-à-dire des deux personnages qui ont le mieux mérité des siècles suivants. Car Homère n'est pas seulement le père

BusLc ti'Ésope (Villa Albani-Rome).

Page 1