Assurera. Fiera
il. LA FONTAINE
• les tlieux. c\\>>l aus>i celui des poêles. Quant h Ésope, li nie senible ({u'on le devait *■ mettre au nond^re des sages dont la (iièce s'est tant vantée, lui qui enseignait la véritable sagesse, et qui l'enseignait avec bien jilus d'art (|ue ceux qui en donnent des définitions et des règles. On a véritablement recueilli les vies de ces deux grands hommes : mais la plupart des savants les tiennent toutes deux fabuleuses, particulièrement celle que Planude a écrite. Pour moi, je n'ai pas voulu m'engagcrdans cette critique. Gomme Planude vivait dans un siècle ' où la mémoire des choses arrivées à Esojie ne devait pas être encore éteinte, j'ai cru qu'il savait par tradition ce qu'il a laissé. Dans cette croyance, je l'ai suivi sans retrancher de ce qu'il a dit d'b^sope que ^ ce qui m'a semblé trop puéril, ou qui s'écartait en quelque façon de la bienséance.
Ésope était Phrygien, d'un bourg appelé Amon'iim. 11 naquit vers la cinquante-septième olympiade, cjueic}ue deux cents ans après la fondation de Rome. On ne saurait dire s'il eut sujet de remercier la nature, ou bien de se plaindre d'elle : car en le douant d'un très bel esprit, elle le fit naître difforme et laid de visage, ayant à j^einc figure * d'homme^ jusqu'à lui refuser presque entièrement l'usage de la parole. Avec ces défauts, quand il n'aurait pas été de condition à être esclave, il ne pouvait manquer de le devenir. Au reste, son âme se maintint toujours libre, etindéj)endante de la fortune.
Le premier maître qu'il eut l'envoya aux champs labourer la terre, soit qu'il le jugeât incapable de toute ;iutre chose, soit pour s'ôter de devant les yeux un objet '" si désagréable. Or il arriva que ce maître étant allé voir sa maison des champs, un paysan lui donna fies figues : il les trouva belles, et les fit serrer fort soigneusement, donnant ordre à son sommelier, appelé Agatliopus. de les lui apporter au sortir du bain. Le hasard voulut qu'Esope eut "^ affaire dans le logis. Aus-