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FABLE VIII

N'a-t-on point de présent à faire, Point de pourpre^ à donner, c'est en vain qu'on espère Quelque refug-e aux lois ; encor leur ministère A-l-il mille longueurs. Ce discours un psu fort

Doit commencer à vous déplaire.

Je finis. Punissez de mort

Une plainte un peu trop sincère. »

A ces mots, il se couche * ; et chacun étonné Admire le grand cœur, le bon sens, l'éloquence

Du sauvage ainsi prosterné.

On le créa palrice ^ ; et ce fut la vengeance Qu'on crut qu'un tel discour's méritait. On choisit

D'autres préteurs ; et par écrit Le sénat demanda '* ce qu'avait dit cet homme, Pour servir de modèle aux parleurs à venir.

On ne sut pas longtemps à Rome

Cette éloquence entretenir».

Fable VllI. — Le vieillard et les trois jeunes hommes.

Un octogénaire plantait.

« Passe encor de bâtir ; mais planter à cet âge î » Disaient trois jouvenceaux \ enfants du voisinage;

Assurément il radotait.

« Car, au nom des dieux, je vous prie, Quel fruit de ce labeur pouvez-vous recueillir? Autant qu'un patriarche il vous faudrait vieillir.

A quoi bon charger votre vie

1. De pourpre. De riches étoffes teintes en pourpre. — Aux lois :

dans les lois. V. Lexique, A.

2. Il se couche. Le geste (qui est dans Guevara) a de quoi surprendre, mais c'est le discours surtout qui étonne les Romains.

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