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LA VIEILLESSE DU POETE

La Fontaine académicien (1684). — Le second

recueil dc> Fables lui reçu avec un vif enthousiasme. Nous trouvons, une l'ois encore, l'écho du sentiment public dans une lettre de M""" de Sévijnc; elle écrit à Bussy-Rabutm : « Faitesvous envoyer proniptcment les fables de Là Fontaine : elles sont divines ; on croit, d'abord, en distinguer quelques-unes, et à force de les relire, on les trouve toutes bonnes. C'est une r.ianière de narrer et un style à quoi Ton ne s'accoutume point... » (20 juillet 1679.) Le poète avait achevé de faire ses preuves, il allait donc enlin réaliser sa plus jurande ambition et poser sa candidature à l'Académie Française.

En 168.3 Colbcrt mourut. La Fontaine brigua son fauteuil, en mémo temps que Boileau. Le poète eut seize voix, contre sept seulement pour Boileau. Mais il restait à obtenir l'agrément du € Protecteur *, c'est-â-dire du roi. Louis XIV voulait que Boileau fût de l'Académie; de plus, il ne goûtait pas La Fontaine. Quand on lui demanda son agrément, il ajourna ga réponse» et ainsi rieil ne fut fait.

Pourquoi Louis XIV était-il si peu favorable à La Fontaine? Voltaire assure qu' *t il n'aimait le petit dans aucun genre », et, d'après le même écrivain, « le roi traitait les fables comme les l :bloaux de Teniers, dont il ne voulait voir aucun dans ses appartements ». Il put entrer de ces motifs dans l'aversion de Louis XIV; mais il est probable que le^ Contes et la gauloiserie furent, au.v yeux du roi, le tort im[)ardonnable du poète.

Quoi qu'il en soit, quand, l'année suivante (1684 , une nouvelle vacance se produisit et que Boileau eût été élu à l'unanimité, Louis XIV permit ;i La Fontaine d'entrer à l'Académie : < Vous pouvez le recevoir incessamment; il a promis d'être sage.»

La Fontaine fut reçu le 2 mai 1634. Après un court remerciement où au style convenu se mêlent quelques traits d'un

faute

LA FONTAINE, par H. UIGAULT

(Càbinel des Estampes. Bihl. nat,)

acct-nt plds personneP.ct où La Fontaine témoifrne (sans rire) un vif désir dappicnchv de ses nouveaux cunlrères « le lanpa-c de la piété », il lut, séance tenante, le beau poème que voici.

(2«) DISCOUHS A MADAMli: Dfi LA SABLIÈRE

Désormais que ' ma Muse, aussi bien que mes jours,

Touche (le son déclin l'inévitable couru,

Et que de ma raison le ilambeau va s'éieindre,

Irai-jc en consumer les restes à me plaindre,

Et, prodigue d'un temps par la Parque attendu, 5

Le perdre à regretter celui que j'ai perdu?

Si le ciel me reserve encor quelque étincelle

Du feu dont je brillais eh ma saison nouvelle, "7

Je la dois employer, suffisamment instruit

Que le plus beau couchant est voisin de la nuit, 10

Le temps marche toujours ; ni force ni prière,

Sacrifices, ni vœux, n'allongent la carrière :

Il faudrait ménager ce qu'on va nous ravir.

Mais qui vois-je que vous sagement s'en servir?

Si quelques-uns l'ont fait, je ne suis pas du nombre. 13

Des solides plaisirs je n'ai suivi que l'ombre;

J'ai toujours abusé du plus cher de nos biens.

Les pensers^ amusants, les vagues entretiens,

Vains enfants du loisir, délices chimériques.

Les romans, et le jeu*, peste des républiques, ÎO

Par qui * sont dévoyés les esprits les plus droits,

Ridicule fureur qui se moque des lois ;

Cent autres passions, des sages condamnées.

Ont pris comme à l'envi la fleur de mes années •.

1. « Vous voyez, Messieurs, par 5. Par qui. V. Grammaire, pror». mon ingénuité et par le peu d'art relat.

dont .j'accompagne ce que je dis, G. « C'est, on le voit, une conque c'est le cœur qui vous renier- fession grave, ingénue, où l'onccie et non l'esprit. » tion i-cligieuse et une haute

2. Désormais que V. Gram- moralité n'empêchent pas un maire, pron. relat. icsLe de coup d'œil amoureux

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