‹ Œuvres choisiesChapitre 418 sur 507 · II.ARPAJÈME · texte numérisé non relu

II.ARPAJÈME

Ma cousine, en ces lieux, de la part d'Harpajème, Je viens pour vous porter à l'hymen. Il vous aime. Dès vos plus jeunes ans on vous marqua ce choix : Votre père, en mourant, vous imposa ces lois ; Mais vous, d'une amour folle étant préoccupée^ 5

Vous rendez * du défunt la volonté trompée ; Et le pauvre Harpajème, au lieu d'affection, N'a vu que haine en vous, et que rébellion.

HORTENSE

Il est vrai, son humeur a rebuté la mienne :

Mais, Monsieur, ce n'estpas ma faute: c'est la sienne... lo

HARPAJÈME

Quoi! lui-même? Gomment?

HORTENSE

Vous le savez, mon père De son pouvoir sur moi le fit dépositaire, Et mourut. Peu de temps après la mort du sien, Harpajème, héritier et maître d'un grand bien. D'avoir place au sénat conçut quelque espérance. 15 Il voulut faire voir son triomphe à Florence, M'y traînant avec lui, malgré moi. Dans ces lieux, Mille gens bien tournés s'offrirent à mes yeux, Qui de me plaire tous prirent un soin extrême. Faisant réflexion sur eux, sur Harpajème, 20

Que vis-je ? Ah ! mon cousin, quelle comparaison! L'erreur en mon esprit fît place à la raison ; Mon jaloux me parut d'un dég-oût ^ manifeste, Et je pris sa personne en haine.

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