D'Urfé. L'auteur de VAsU^'âe
Cl. On nous promet r/iisloire. Il
f)cnse sans doute à ses amis 13oicau et Racine, c historiograithcs»
du roi, depuis 1G77. Mais ce « haut projet ') n'a pas abouti.
7. L'ode, etc. Il est permis de voir dans ce double jugement une des plus piquantes « distractions «
LA VIEILLESSE DU POETE 4f>|
Malherbe avec Racan *, parmi les chœurs des anges,
Là-haut de rKtcrnel célébrant les louang-es,
Ont emporté leur lyre ; et j'espère qu'un jour 95
J'entendrai leur concert au céleste séjour.
Digne et savant prélat, vos soins et vos lumières
Me feront renoncer à mes erreurs premières :
Gomme vous je dirai l'auteur de l'univers ;
Cependant * agréez mon rhéteur et mes vers. loo
La vipillesse du poète. —Loin pourtant de « renoncer à SCS erreurs premières », le grand enfant s'y enfonçait davantage.Des compagnies aussi élégantes que corrompues exerçaient sur lui une fâcheuse influence. A l'hôtel de Boqillon, où ^11 n'avait jamais cessé de fréquenter, il devint le familier des cousins de la duchesse let neveux du prince de Condé\ les Conti,dont les moeurs étaient fort libres; c'est sans doute par eux qu'il fut introduit à Chantilly où il rencontra La Bruyère. Dans le même hôtel, il connut aussi les neveux de la duchesse, le duc de Vendôme, qui le reçut dans son chtUeau d'Anet, et le Grand Prieur, qui l'attirera plus tard à l'hôtel du Temple, preste fameux dans les annales du libertinage.
Il habitait toujours, dansl'appartemcntde la rue Saint-Honoré, sa « chambre des philosophes », comme il l'appelait, à cause des bustes de Platon et de Socrate,qui lui donnaient l'illusion d'un séjour de la Sagesse. Un clavecin y constituait la part des Muscs. Des amis de Londres, Saint-Évrcpiond, M"» Harvey (Sœur de l'ambassadeur d'Angleterre en France), et une sœur de la duchogso de Bouillon, iiortense Mancini, duchesse de Mazarin, voulurent latiirer en Angleterre. La Fontaine feignit de se laisser convaincre, mais il ne fît le voyage qu'en vers.
Une nouvelle amitié, qui allait devenir une solide protection, le fixait à Paris. Il fréquentait assidûment à cette heure l'hôtel d'Hîr^art. Le maître du Heu était conseiller au Parlernent et possédait une grande fortune. Sa jeune femme, aussi bonne que iaelle, épousa l'amitié de son mari pour le bonhomme; elle fut peu à peu pour lui une autre Sablière. Aussi, qu^irid cplle-ci meurt, en 1693, La Fontame sait à qui s'adresser. II rencontre, un jour. M. d ilory^rt. qui vient lui offrir l'hospitalité dans sa demepre ; et il lui répond : « J'y allais » (1693).
de La Fontaine. Il n'aurait eu 1. M/dherbe avsc Riican. Sur
pnurtaut qu'à réfléchir sut- lui- Malherbe et Racan,voir pages 113,
mciue pour parler de l'ode en n. 2^ et 152, n. 1.
couuaisbaace de cause 2. Cependant. Lei.
Le douzième livre. — La mort du poète (1G95\
— Cepeiida il c 'IL' iiu'oa n'cviU* pas avaiL anolé ses mosuros au sujet de ce vieiUai'd si passioiméinent aniouivuv de la vie. Dés la lin de 1632, un peu avant d'entrer à l'Hôtel d'ilervart, La Fontaine avait lait une grave maladie. Mis en rapport avec un jeune prêtre (plus tard oratoricn), l'abbé Pouj^et, celui-ci, avec une autorité faite de douceur et de vertu, obtint du poète qu'il désavouât « le livre infâme; de ses contes »; après s'être réconcilié avec Dieu, le malade, en présence des délégués de l'Académie, fit hautement amende honorable. Le même jour le jeune duc de Bour^^ogne faisait féliciter le poète, et. dans la naïveté de son âge, il joignait à ses compliments le don d'une somme de cinquante louis. Un autre qu'un enfant eût, nous semble-t-il aujourd'hui, séparé ces deux actions; mais ce n'était pas la première fois que le jeune prince faisait des libéralités au vieux poète, et celle-ci, parce qu'elle impliquait une confiance dans le rétablissement de sa santé (on ne donne pas d'argent à un homme qu'on croit condamné à mourir), dut sembler au malade aussi délicate que généreuse.
Il se rétablit, en effet, et il resta fidèle à ses engagements. La première chose qu'il fit fut de renouveler en pleine Académie son ferme désaveu des Contes. Il publia encore en 1694 un nouveau livre de Fables, le douzième ; il le dédia au duc de Bourgogne ; c'était acquitter la lettre de change que le généreux prince avait tirée sur lui. Pour ne pas morceler ce qui nous reste à dire des derniers temps du poète, nous ne donnerons ce douzième livre, qu'après avoir clos sa biographie. Disons ici, tout court, que, si ce recueil est inférieur aux autres, on y retrouve pourtant en plus d'un lieu le meilleur de son génie. La dernière fable du recueil, qui fut aussi son adieu à l'apologue, offre, à côté de quelques réminiscences personnelles excusables chez un vieillard, des beautés de fond et de forme qui prouvent que jusqu'au bout son esprit gardait sa verdeur. Il entreprit ensuite la traduction de quelques hymnes de l'Église; elles ne nous sont point parvenues.il ayait encîore « un grand dess un », auquel il fait allusion dans une lettre à Maucroix; nous en ignorons la nature.
La pensée de la mort lui était devenue familière ; l'éternité seule l'inquiétait. 11 fut pris un jour d'une faiblesse, dans la rue; le lendemain, il écrivait à son fidèle Maucroix: « O mon cher, mourir n'est rien; mais songes-tu que je vais comparaître devant Dieu? Tu sais comme j'ai vécu. Avant que tu reçoives ce billet, les portes de l'éternité seront peut être ouvertes pour moi. » (16 février 1695.) Elles s'ouvrirent deux mois