S'éjj.-ind. Lex. 8. Les lieras. Les modèles grec
5. Y sont ros-s. Vers de Mal- et latins que propose Quiuliiiea^
LA IOnTAINE
Kerevez leur tribut des mains de Toscanelle ;
Ne vous élônncz pas qu'il donne pour modèle 70
A des ullramonlains ^ un auteur sans brillants :
Tout peuple peut avoir du c^oût et du boù sens,
Ils - sont de tout pays, du fond de l'Amérique ;
Qu'on V mène un rhéleur habile et bon critique,
Il fera des savants. Ilélas ! qui sait encor 75
Si la science à l'homme est un si grand trésor ' ?
Je chéris l'Ariostè ^ et j'estime le Tassé ;
Plein de Machiavel, entêté de Boccace,
J'en parle si souvent qu'on en est étourdi.
J'en lis qui sont du nord, et qui sont du midi. so
Non qu'il ne faille un choix dans leurs plus beaux ouvrages
Quand notre siècle aurait ses savants et ses sages,
En trouverai-je un seul approchant de Platon ?
La Grèce en fourmillait dans son moindre canton.
La France a la satire et le double théâtre : 85
Des bergères d'Urfé-' chacun est idolâtre ;
On nous promet l'histoire % et c'est un haut projet.
J'attends beaucoup de l'art, beaucoup plus du sujet :
11 est riche, il est vaste, il est plein de noblesse ;
Il me ferait trembler pour Rome et pour la Grèce. 90
Quant aux auti-es talents, l'ode, qui baisse un peu,
Veut de la patience ; et nos gens ont du feu '.
1. Des ullramontains. Ces habitants " d'au delà des monts » sont les Italiens qui aimaient les fauxbrillants.
Évitons cet excès : laissons à
[l'Italie
De tous ces fàux-briliants l'éda-
[tante folie.
[Bo(LEAu, Art poét., I.)
• Ils. Le goût et le bon sen«:.
3. Tn-sor. Cf. Fables, VIII, 23, et, dans le Quinquina, le juf^ement suivant :
Pour nous, fils du savoir, ou, pour
Jen parler niicux, .., on que nous ont
[fait les: dieux.
Nous nous sommes prescrit une
[dlude infinie :
L'art est long, et trop courts les
[termes de la vie
4. Arioste, etc. Arioste (1474- 1533) a écrit le Roland furieux; le Tasse (xvj" s.), la J(^rusaleni délivrée,etc.; Machiavel (14(i9-i5:!0), le Traité du Prince, les Discours sur Tite-Live, ctV Histoire de Florence. Il est probable que La Fontaine goûtait sijrtout les comédies et les nouvelles de ces grands auteurs italiens. Quant à Boccace (1313-1375), il a fait le Décaniéron, pai'taçé en fcent nouvelles. La Fontamè s'inspire surtout de lui dans ses Conles.