LIVRE XII. FABLE I
Conte aux échos les appétits gloutons
Qui t'ont fait manger ses moutons.
Autrefois on t'eût vu sauver sa bergerie :
Tu menais une horlnête vie.
Quitte ces bois, et redevien ',
Au lieu de loup, homme de bien.
— En est-il? dit le loup; pour moi je n'en vois guère. Tu t'en viens me traiter de bête carnassière : Toi qui parles, qu'es-tu ? N'auriez-vous pas, sans moi, Mangé ces animaux que plaint tout le village - ?
Si j'étais homme, par ta foi %
Aimerais-je moins le carnage ?
Pour un mot quelquefois vous vous étranglez tous ; Ne vous êies-voùs pas l'un à l'autre des loups * ? Tout bien considéré, je te soutiens en somme
Que, scélérat pour scélérat.
Il vaut mieux être un loup qu'un homme :
Je ne veux point changer d'état, »
Ulysse fît à tous une même semonce '•' ;
Chacun d'eux fît même réponse,
Autant le grand que le petit.
La liberté, les bois, suivre leur appétit,
C'était ^ leurs délices suprêmes ; Tous renonçaient aii lôs ' des belles actions. Ils croyaient s'affranchir, suivant * leurs passions ;
Ils étaient esclaves d'eux-mêmes.
Prince, j'àilrais téulu vous choisir iih sujet
Où je pusse mêler le plaisant à l'utile ^ :
C'était satis doute un beau projet, Si ce choix eût été facile.
1. Redevien. La Fontaine, pour Homo homini lupus, a dit le phila rime, conserve l'orthographe losophe anglais Hobbes. étymologique. L's, à l'impératif, o.- Semonce. Lex
avait été longtemps réservée au.\ (i. C'était leurs d'iices. V. Gram-
verbcs issus de radicaux latins maire, accord du verbe.
finissant par cette lettre (p. ex. 7. Lôs. Lex.
finis, venu du lat. finis-ce). 8. Suivant. Y. Grariimairè, ffé-