A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE
Un chat, contemporain d'un fort jeune moineau,
Fut logé près de lui dès l'âge du berceau :
La cage et le panier avaient mêmes pénates *.
Le chat était souvent agacé par l'oiseau ;
L'un s'escrimait du bec, l'autre jouait des pattes.
Ce dernier toutefois épargnait son ami.
Ne le corrigeant qu'à demi,
Il se lut fait un grand scrupule
D'armer de pointes sa férule \
Le passereau ^ moins circonspect*,
Lui donnait force coups de bec.
En sag;e et discrète personne,
jMaitre chat excusait ces jeux :
Entre amis, il ne faut jamais qu'on s'abandonne
Aux traits d'un courroux sérieux.
Comme ils se connaissaient tous deux dès leur bas âge, Une longue habitude en paix les maintenait ; Jamais en vrai combat le jeu ne se tournait :
Quand un moineau du voisinage S'en vint les visiter, et se fit compagnon Du pétulant Pierrot et du sage Raton " ; Entre les deux oiseaux il arriva querelle ;
1 Le su iet semble appartenir au la main des écoliers en faute ; on
poèie devine ce que peut être la fcrule
•2. Mcines pénates. La c:\ge et \e du chat. • • j^
prinier ne peuvent pas avoir de 4. Passereau. Synonyme ici de
di.'ux domestiques ; aussi sont-ils -.oincnu. , ^^ . -f.wvrif
, ris, par métonymie, l'un pour le 5. Circonspecl.Ce mot a etdecrit
Moiiu-au et laulrc pour le Chat. par La l'ontaine comme il se pro-
3. Sa fcrule. Pour le magister, nonce, circonspec—W . Versiiicai.
c'est la p.-ïlette dont il frappe dans 6. Du sage Raton. V. p. 3 /a.