‹ Œuvres choisiesChapitre 443 sur 507 · A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOG · texte numérisé non relu

A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOG

QUI AVAIT DEMANDl- A M. DE LA FONTAINE UNE FAbLl» Qll FÛT NOMMÉE '. « LE CHAT ET LA SOURIS » *

Pour plaire au jeune prince à qui la Renommée

Destine un temple " en mes écrits, Comment composerai-je une fable nommée Le chat et la souris ?

Dois-je représenter dans ces vers une belle Qui, douce en apparence, et toutefois cruelle, Va se jouant des cœurs que ses charmes ont pris, Comme le chat de la souris ?

Prendrai-jc pour sujet les jeux delà Fortune? Rien ne lui convient mieux, et c'est chose commune Que de lui voir traiter ceux qu'on croit ses amis Comme le chat fait ' la souris.

Introduirai-je un roi qu'entre ses favoris Elle respecte seul, roi qui fixe sa roue, Qui n'est point empêché * d'un monde d'ennemis, Et qui des plus puissants, quand il lui plaît, se joue Comme le chat de la souris?

Mais insensiblement, dans le tour que j'ai pris, Mon dessein se rencontre^ ; et, si je ne m'abuse, Je pourrais tout gâter par de plus longs récits : Le jeune prince alors se jouerait de ma muse Comme le chat de la souris.

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