‹ Œuvres choisiesChapitre 460 sur 507 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

r.ABLE XV

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Ils iront assez tôt border le noir rivage *.

— J'.î^.-i le superflu, dit l'autre, et Tabaltant »,

Le reste en profite d'autant \ »

Le Scythe, retourné dans sa triste demeure. Prend la serpe à son tour, coupe et taille à toute heure ^ Conseille à ses voisins, prescrit à ses amis

(Jn universel abatis.

Il ûte de chez lui les branches les plus belles, Il tronque son verger contre toute raison,

Sans observer temps ni saison,

Lunes ni vieilles ni nouvelles.

Tout languit et tout meurt.

Ce Scythe exprime ' bien

Un indiscret stoïcien :

Celui-ci retranche de l'àme Désirs et passions, le bon et le mauvais.

Jusqu'aux plus innocents souhaits.

Contre de telles gens, quant à moi, je réclame. Ils ôtent à nos cœurs le principal ressort ; Ils font cesser de vivre avant que l'on soit mort.

Fable XV. — L*éléphant et le singe deJupites**

Autrefois l'éléphant et le rhinocéros,

En dispute du pas ^ et des droits de l'empire,

Voulurent terminer la querelle en champ clos \

Le jour en était pris, quand quelqu'un vint leur dire

Que le singe de Jupiter Portant un caducée ^ avait paru dans l'air.

1. « Tous les arbres seront livrés à la mort dans les profondeurs de la terre. » Ézrchiel, XXXI, 18.

2. L'abattant. Y. Grammaire, conslruclion pnrlicipiale absolue.

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