Se hâtants. V. Grammaire^ p&riiçipe présent
Sur un mont assez proche enfin ils arrivèrent;
A leurs pieds aussilôt cent nuages crevèrent.
Des ministres du dieu les escadrons ilollauls 105
Entraînèrent, sans choix, animaux, habitants,
Arbres, maisons, vergers, toute cette demeure *;
Sans vestige du bourg, tout disparut sur riieure.
Les vieillards déploraient ces sévères destins.
Les animaux périr! car encor les humains, 110
Tous avaient dû tomber sous les célestes armes :
Baucis en répandit en secret quelques larmes.
Cependant l'humble toit devient temple, el se ^ murs Changent leur frêle enduit aux - marbres les plus durs. De pilastres ' massifs les cloisons revêtues 115
En moins de deux instants s'élèvent jusqu'aux nues ; Le chaume devient or, tout brille en ce pourpris *. Tous ces événements sont peints sur le lambris. Loin, bien loin, les tableaux de Zeuxis et d'Apelle ''! Ceux-ci furent tracés d'une main immortelle. 120
Nos deux époux, surpris, étonnés % confondus, Se crurent, par miracle, en l'Olympe rendus. « Vous comblez, dirent-ils, vos moindres créatures : Aurions-nous bien le cœur et les mains assez pures Pour présider ici sur '' les honneurs divins, ^25
Et prêtres vous ofïVir les vœux des pèlerins ? » Jupiter exauça leur prière innocente.
« Hélas ! dit Philémon, si votre main puissante Voulait favoriser jusqu'au bout deux mort'els, Ensemble nous mourrions en servant vos autels. 130 Clothon * ferait d'un coup ce double sacrifice ; D'autres mains nous rendraient un vain et triste ofllce : Je ne pleurerais point celle-ci, ni ses yeux Ne troubleraient non plus de leurs larmes ces lieux. » Jupiter à ce vœu fut encor favorable. i3o
Mais oserai-je dire un fait presque incroyable ?
1. Celle demeure. Singulier col- très grecs, le premier de la fin du Jeclil:ce villag-e. ' siècle de Périclès, le second du