D'un. Lc.x , cfc. escahellcs, escabeaux
PHILEMON ET BAUCIS
Les divins voyageurs, altérés de leur course, Mêlaiènl au vin grossier le cristal d'une source. Plus le vase versait, moins il s'allait vidant. Philénion reconnut ce miracle évident; Baucis n'en fit pas moins: tous deux s'agenouillèrent; ts A ce signe d'abord * leurs yeux se dessillèrent. Jupiter leur parut - avec ces noirs sourcils ' Qui font trembler les cieux sur leurs pôles assis. « Grand dieu, dit Philémon, excusez notre faute : Quels humains auraient cru recevoir un tel hôte? 80 Ces mets, nous l'avouons, sont peu délicieux : Mais, quand nous serions rois, que donner à des dieux? C'est le cœur qui fait tout; que la terre et que l'onde Apprêtent un repas pour les maîtres du monde, Ils lui préféreront les seuls présents du cœur. » Baucis sort à ces mots pour réparer l'erreur. Dans le verger courait une perdrix privée *, Et par de tendres soins dès l'enfance élevée : Elle en veut faire un mets, et la poursuit en vain; La volalille ' échappe à sa tremblante main; Entre les pieds des dieux elle cherche un asile. Ce recours à l'oiseau ne fut pas inutile ; Jupiter intercède. Et déjà les vallons Vovaientl'ombre en croissant tomber du haut des monts ^
Les dieux sortent enfin, et font sortir leurs hôtes. Oj
« De ce bourg, dit Jupin ', je veux punir les fautes ;
Suivez-nous. Toi, Mercure, appelle les vapeurs.
0 g^ens durs! vous n'ouvrez vos logis ni vos cœurs! »
Il dit: et les autans * troublent déjà la plaine.
Nos deux époux suivaient, ne marchant qu'avec peine ; loo
Un appui de roseau soulageait leurs vieux ans :
Moitié secours des dieux, moitié peur, se hâtants ',