IV. — Pronoms personnels
Ellipse du pronom sujet. — L'ancienne langue, à l'oriyine, n'exprimait pas le prunom sujet, parce que la désinence alors nettement prononcée) suliisait à marquer la personne. La Fontaine suit parfois le vieil usage : « L'âne un jour pourtant s'en moqua : Et ne sais comme il y manqua », Vlll, 17, (la proposition est coordonnée, mais la première ne contient pas le pronom je ; cf., au contraire : * Je sais, sire, une cache, Et ne crois pas qu'autre que moi la sache », VI, 6; ici la première des coordonnées contient je.) — « Tant y furent », VIII. 22, etc.
Dans la phrase : « De tous côtt-s lui vient des donneurs de recettes », VUl, 3, il y a ellipse de il, mais il n'est là que sa eti, apparent (cf. : « Fallut deviner », VII, 15; — «Vent y a », IX,'().
Ellipse du pronom régime. — L'ancienne langue omettait volontiers le pronom régime le, la, les. lorsque la proposition renfermait lui, leur :^'^on que je leur aie ouï dire», Lettres Limousin, p. 27; — « Je leur savais bien dire ». VII. 2.
Après faire, (laisser, etc.), suivi d'un infinitif, l'ancienne langue omettait le pronom : « Pour la faire trouver » {se trouver), VI, 20; — « L'indocilité qui me fait envoler » (m'envoler), Vif 1,21.
Plac9 du pronom régime. — Dans une périphrase verbale, le pronom régime se mettait en tête du groupe: « Je me vas désaltérant », 1, lu ; — « Un singe lui pensa devoir son salut », IV . 7: — y< Il se faut entr'aider », Vltl. 17, etc.
Dans une proposition coordonnée dont le verbe était à l'impératif, on faisait précéder l'impératif par le pronom employé à la forme atone : « Sauvez-vous et me laissez naître », VI, 8."— Cf. « Va, cours, vole et nous venge » (Corneille).
Le pronom Soi. — Contrairement à l'usage actuel qui réserve soi pour renvoyer à un nom de chose ou à un nom de personne indéterminé, ce pronom, jusqu'à la fin du xvii" siècle, renvoyait (Comme le latin sei à la personne déterminée qui était le sujet" de la proposition : « Le rustre en pai\ chez soi », XI, 3 ; — Cf. « Le porc revient à soi x, VIII, 27 ; — « Mon voisin Léopard l'a sur soi 9, IX, 3. iCf. « Gnathon ne vit que pour soi», La Bruyère.)
Pronoms adverbiaux. — En, d'origine adverbiale (lat.mde. de lài, fit très vite fonction de pronom. Au xvii« siècle encore, iî s'appliquait aux personnes : « Son époux en cherchait le corps » (de sa femme, III, 16.
Les adverl}es où et y eurent la même fortune, ils devinrent pronoms et s'appliquèrent indilTéremment aux pers^onnes et eux choses : « Rien où Ion soit moins préparé (à quoi), Vill, 1 ; — € Jl y faut (à celai une autre manière », X, 10.
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