Le répondant. C«;lui qui rë- i. Aux. Lex., A
pondrait 3. Equipage. Lex.
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matiques. Il leur fit un grand régal, où'le Phr.yg-ien fut invité. Pendant le repas, ils proposèrent à Esope diverses choses, celle— ci entre autres: « Il y a un grand temple qui est appuyé sur une colonne entourée de douze villes, chacune desquelles*a trente arcs-boutants, et autour de ces arcs-boutants se promènent, l'une après l'autre, deux femmes, l'une blanche, l'autre noire. — II faut renvoyer, dit Ésope, cette question aux petits enfants de noire pays. Le temple est le monde; la colonne, l'an ; les villes, ce sont les mois ; et les arcs-boutants, les jours, autour desquels se promènent alternativement le jour et la nuit. »
Le lendemain, Necténabo assembla tous ses amis. « Souffrirez-vous, leur dit-il, qu'une moitié d'homme, qu'un avorton soit la cause que Lycérus remporte le prix, et que j'aie la confusion pour mon partage ? » Un d'eux s'avisa de demander à Ésope qu'il leur fit des questions de choses dont ils n'eussent jamais entendu parler. Ésope écrivit une cédule ^ par laquelle Necténabo confessait devoir deux mille talents à Lycérus. La cédule fut mise entre les mains de Necténabo toute cachetée. Avant qu'on l'ouvrît, les amis du prince soutinrent que la chose contenue dans cet écrit était de leur connaissance. Quand on l'eut ouverte, Nec-ténabo s'écria : « Voilà la plus grande fausseté du monde ; je vous en prends à témoin, tous tant que vous êtes. — Il est vrai, repartirent-ils, que nous n'en avons jamais entendu parler. — J'ai donc satisfait à votre demande. » reprit Ésope. Necténabo le renvoya cond3lé de présents, tant pour lui que pour son maître. ..
Ésope^ à son retour dans Babylone, fut reçu de Lycérus avec de grandes démonstrations de joie et de bienveillance : ce roi lui fit ériger une statue. L'envie de voir et d'apprendre le fit renoncer à tous ces honneurs. Il quitta la cour de Lycérus où il avait tous les avantages qu'on peut souhaiter, et prit congé de ce prince pour voir la Grèce encore une fois. Lycérus ne le laissa point partir sans embi'assements et sans lar-
1. Desquelles, Gramm aire, pron. -. Cédule. Papier par lequel on
relat notifie quelque chose.
mes, cl sans le faire promettre sur les autels qu'il reviendrait achever ses jours auprès de lui.
Entre les villes «n'i il s'arrêta, Delphes * fut une des principales. Les Delphiens l'écoulèrcnt fort volontiers ; mais ils ne lui rendirent point d'honneurs. Esope, piqué de ce mépris, les compara aux bâtons qui tlollcnt sur l'onde : on s'imay^ine de loin que c'est quelque chose de considérable; de près, on trouve que ce n'est rien '. La comparaison lui coûta cher. Les Delphiens en conçurent une telle haine et un si violent désir de ven^^eance (outre qu'ils craiL;naient d'être décriés par lui), qu'ils résolurent de l'ôter du monde. Pour y parvenir, ils cachèrent parmi ses bardes un de leurs vases sacrés, prétendant que par ce moyen ils convaincraient Ésope de vol et de sacrilège, et qu'ils le condamncrai(Mit à la mort.
Comme ' il fut sorti de Delphes, et qu'il eut pris le chemin de laPhocide,les Delphiens accoururent comme gens qui étaient en peine. Ils l'accusèrent d'avoir dérobé leur vase. Ésope le nia avec des serments : on chercha dans son équipage *, et il fut trouvé. Tout ce qu'Ésope put dire n'empêcha point qu'on ne le traitât comme un criminel infâme. Il fut ramené à Delphes chargé de fers, mis dans les cachots, puis condamné à être précipité \ Rien ne lui servit de se défendre avecses armes ordinaires, etde raconter desapologues: les Delphiens s'en moquèrent. — La grenouille % leur dit-il, avait invité le rat à la venir voir. Afin de lui faire traverser l'onde, elle l'attacha à son pied. Dès
3u'il fut sur l'eau, elle voulut le tirer au fond, dans le essein de le noyer, et d'en faire ensuite un repas. Le malheureux rat résista quelque peu de temps. Pendant qu'il se débattait sur Teau, un oiseau de proie l'aperçut, fondit sur lui, et l'ayant enlevé avec la grenouille qui ne se put ' détacher, il se reput de l'un et de l'au-
1. Df'lpheg Ville de Phocide, 5. PrécipiUL Du Imut d'un roc«?lêl>rf' jiar l'oracle d'Apollon. cher.
2. Fiicn. V.Ia fable 10 du livre IV. , C La (ire nouille. V. la fa.de 11
du 1. IV.
3. Comme. Lex. 7. yc se put. Gra.mma'\re, plaça ♦. Équipufje. Lex. pron. rég.
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tre. C'est ainsi, Delpliiens aboi])Jnables, qu'un plus puissant que nous me vengera : je périrai ;"mais vous périrez aussi. »
Gomme on le conduisait au supplice, il trouva nioyen de s'échapper et entra dans une petite chapelle Jédiée à Apollon. Les Delphiens l'en arrachèrcnl. « Vous violez cet asile, leur dit-il, parce que ce n'est qu'une petite chapelle; mais un jour viendra que * voire méchanceté ne trouvera point de retraite sûre, non pas même dans les temples; il vous arrivera la même chose qu'à l'aigle % laquelle, nonobstant les prières de l'escarbot, enleva un lièvre qui s'était réfugié chez lui : la génération de l'aigle en fut punie jusque dans le giron de' Jupiter \ » Les Delphiens, peu touchés de tous ces exemples, le j'récipitèrent.
Peu de temps après sa mort, une peste très violente exerça sur eux ses ravages. Ils demandèrent à l'oracle par quels moyens ils pourraient apaiser le courroux des dieux. L'oracle leur répondit qu'il n'y en avait point d'autre que d'expier leur forfait, et satisfaire aux mânes d'Ésope. Aussitôt une pyramide fut élevée. Les dieux ne témoignèrent pas seuls combien ce crime leur déplaisait : les hommes vengèrent aussi la mort de leur sa^-e. La Grèce envoya des commissaires pour en informer, et en fît une punition rigoureuse.