LIVRE PREMIER. FABLE VII
El mirent en commun le g-ain et le dommag'e.
Dans les lacs* de la chèvre un cerf se trou\a pris.
\'ers ses associés aussitôt elle envoie.
Eux venus, le lion par ses ongles compta^
Et dit : « Nous sommes quatre à partager la prQie. »
Puis en autant de parts le cerf il dépeça;
Prit pour lui la première en qualité de sire :
« Elle doit être à moi, dit-il; et la raison,
C'est que je m'appelle lion^ :
A cela on n'a rien à dire.
La seconde par droit me doit échoir encor : Ce droit, vous le savez, c'est le droit du plus fort*. Comme le plus vaillant, je prétends' la troisième. Si quelqu'une de vous touche à la quatrième,
Je l'étranglerai tout d'abord ^ »
Fable VII. — La besace \
Jupiter dit un jour : « Que tout ce qui respire
S'en vienne comparaître aux pieds de ma grandeur :
Si dans son compo.-é ^ quelqu'un trouve à redire,
Il peut le déclarer sans peur :
Je mettrai remède à la chose.
Venez, singe; parlez le premier, et pour cause '. Voyez ces animaux; faites comparaison
De leurs beautés avec les vôtres.
Etes-vous satisfait? — Moi? dit-il; pourquoi non? N'^i-je pas quatre pieds aussi bien que les autres? Mon portrait jusqu'ici ne m'a rien reproché; Mais pour mon frère l'ours, on ne l'a qu'ébauché ^'*;