‹ Œuvres choisiesChapitre 98 sur 507 · LIVRE II. FABLE · texte numérisé non relu

LIVRE II. FABLE

Fable IX. -r- Le lion et le moucheron

« Va-t en^cRetlf insecte, excrément de la terre ' ' C est en ces mots que le lion Parlait un jour au moucheron.

L'autre lui déclara la guerre « Penses-tu, lui dit-il, que ton titre de roi Me fasse peur ni me soucie \ Un bœuf est pkis puissant* que toi :

Je le mène à ma fantaisie. »

A peine il achevait ces mots Que lui-même il sonna la chartr^ Fut le trompette et le héros. " Dans l'abord ' il se met au large • Puis prend son temps, fond sur le cou Du lion, qu'il rend presque fou Le quadrupède écume, et son œil étincelle • n rug-it ; on se cache, on tremble à Penviro'n « • Et cette alarme universelle '

Est l'ouvrage d'un moucheron.

Ln avorton de mouche en cent lieux le harcelle tantôt pique 1 échine, et tantôt le museau,

Tantôt entre au fond du na«;eau La rage alors se trouve à son faîte montée L invisible ennemi triomphe, et rit de voir Qu il n est griffe ni dent en la bête irritée Uui de la mettre en sang ne fasse son devoir Le malheureux lion se déchire lui-même ^ait résonner sa queue à l'entour de ses flancs, Bat 1 air qui n en peut mais ^ et sa fureur extrême Le latigue, 1 abat ; le voilà sur les dents «

Page 1