Placeat homini, quidquUi Deo plactierit. (Epist
3. « Que soiil, dit-il dans son épître LXXVIII , que sont les maladies « les plus cruelles comparées aux flammes, aux chevalets, aux lames i ougies, « à ces plaies faites par un raffinement de cruauté sur des membres déjà « enflammés par des plaies précédentes? Et cependant, au milieu de ces « supplices, un homme a pu ne pas laisser échapper un soupir; il a pu ne « pas supplier : ce n'est pas assez, il a. pu ne pas répondre: ce n'est point « assez encore ; il a pu rire, et même de bon cœur. » Et ailleurs : Quoi « donc, si le fer, après avoir menacé lu télé de l'homme intrépide, cicuse, « découpe l'une après l'autre toutes les parties de son corj)S ; si ou lui fait « contempler ses entrailles dans son propre sein; si, i)our aiguiser la dou- (( leur, on interrompt son supplice pour le reprendre l)ientôt après; si l'on (( déchire ses plaies cicatrisées pour en faire jaillir de nouveau le « sang, n'éprouvera-t-il ni la crainte ni la douleur.' il souffrira sans doute, « car nul degré de courage ne peut éteindre le sentiment; mais il n'a i)eur « de rien : il regarde d'en haut ses propres souffrances. » (Epil. LXXXVj)
De qui donc voulait parler Sénèque.' Y a-t-il avant les martyrs des exemples de tant d'atrocité d'une part et tant d'intrépidité de l'autre? Sénèque avait vu les martyrs de Néron ; Laclance, qui voyait ceux de Dioclétien, a décrit leurs souffrances, et l'on a les plus fortes raisons « croire qu'en écrivant, il avait en vue les passagos de Sénèque qu'on vieA
est cependant quelque chose de plus que rien , si on la joint surtout aux autres présomptions.
Enfin le Christianisme à peine né av^ait pris racine dans la capitale du monde. Les apôtres avaient prêché à Rome vingt-cinq ans avant le règne de Néron. Saint Pierre s'y entretint avec Philon : de pareilles conférences produisirent nécessairement de grands effets. Lorsque nous entendons parler de judaïsme à Rome sous les premiers empereurs, et surtout parmi les Romains mêmes, très souvent il s'agit de Chrétiens : rien n'est si aisé que de s'y tromper. On sait que les Chrétiens, du moins un assez grand nombre d'entre eux, se crurent longtemps tenus à l'observation de certains points de la loi mosaïque ; par exemple, à celui de l'abstinence du sang. Fort avant dans le quatrième siècle, on voit encore des Chrétiens martyrisés en Perse pour avoir refusé de violer les observances légales. Il n'est donc pas étonnant qu'on les ait souvent confondus, et vous verrez en effet les Chrétiens enveloppés comme juifs dans la persécution que ces derniers s'attirèrent par leur révolte contre l'empereur Adrien. Il faut avoir la vue bien fine et le coup d'œil très juste; il faut de plus regarder de très près, pour discerner les deux religions chez les auteurs des deux premiers siècles. Plutarque, par exemple, de qui veut-il parler, lorsque, dans son Traité de la Superstition, il s'écrie : 0 Grecs! qu'est-ce do fie que les Barbares ont fait de vous?
de lire. Ces deux phrases surtout sont remarquables par leur ra|iprocheinent.
Si ex intervullo, quo magis tormenta sentiat, repetitur et per siccata viscera recens dimiitilur saïujuis. (Sen. Ep. LXXXV.)
Nihil aliud devitant quam ut ne torti moriantur... curam tortis diligenter adliibent ut ad alios cruciatus membra renoventur, et reparetur tioous sanguis ad pœnam. (Lact, div. Instit., lib. V, cap. u, de Juslitiâ.)
106 LES SOIRKES DE SAINT-PÉïERSBOUPG.
et que tout de suite il parle de sahbatismes , de prosternations^ de honteux accroupissements , etc. ^ Lisez le passage entier, et vous ne saurez s'il s'agit de dimanche ou de sabbat, si vous contemplez un deuil judaïque ou les premiers rudiments de la pénitence canonique. Longtemps je n'y ai vu que le judaïsme pur et simple; aujourd'hui je penche pour l'opinion contraire. Je vous citerais encore à ce propos les vers de Rutilius, si je m'en souvenais, comme dit madame de Sévigné. Je vous renvoie à son voyage : vous y lirez les plaintes amères qu'il
1. Chez les Hébreux, et sans cloute aussi chez d'autres nations orientales, l'homme qui déplorait la perte d'un objet chéri ou quelque autre grand malheur, se tenait assis; et voilà pourquoi siéger et pleurer sont si souvent synonymes dans l'Écriture Sainte. Ce passage des Psaumes, par exemple (totalement dénaturé dans nos malheureuses traductions) : Surgite posiquam sederitis, qui manducatis panem doloris. (Ps. CXXVI, 2.) signifie .• « Consolez-vous, après avoir pleuré, ô vous qui man- « gez le pain de la douleur! » Une foule d'autres textes attestent la même coutume, qui n'était point étrangère aux Romains. Mais lorsque Ovide dit, en parlant de Lucrèce :
Passis SEDET illa capillis.
Ut solet ad nati mater itura rogum.
[Fast. II, 813-814.)
Il n'entend sûrement pas décrire l'attitude ordinaire d'une femme assise : et lorsque les enfants d'Israël venaient s'asseoir dans le temple pour y pleurer laurs crimes ou leurs malheurs, (Jud. XX, 26, etc.,) ils n'étaient pas sûrement assis commodément sur des sièges. Il paraît certain que, dans ces circonstances, on était assis à terre et accroupi; et c'est à cette attitude d'un homme assis sur ses jambes que Plutarque fait allusion par l'expression qu'il emploie et qui ne peut être rendue facilement dans notre langue. Assise ignoble serait l'expression propre, si le mot d'assise n'avait pas perdu, comme celui de session, sa signification primitive.
Il faut cependant observer, pour l'exactitude, qu'une différence de ponctuation peut altérer la phrase de Plutarque, de manière que l'épilhète d'ignoble tomberait sur le mot de prosternation, au lieu d'affecter celui d'accroupissement. Le traducteur latin s'est déterminé pour le sens adoplé de mémoire par l'interlocuteur. L'observation principale demeure au reste dans toute sa force.
{Note de l'Éditeur.)
LES SOIRÉES DE SAlNT-PETERSBOURG. 107
fait de cette superstition judaïque qui s'emparait du monde entier. Il en veut à Pompée et à Titus pour avoir conquis cette malheureuse Judée qui empoisonnait le monde * : or, qui pourrait croire qu'il s'agit ici de judaïsme? N'est-ce pas, au contraire, le Christianisme qui s'emparait du monde et qui repoussait également le judaïsme et le paganisme? Ici les faits parlent ; il n'y a pas moyens de disputer.
Au reste, Messieurs, je supposerai volontiers que vous pourriez bien être de l'avis de Montaigne, et qu'un moyen sur de vous faire haïr les choses vraisemblables serait de vous les planter pour démontrées. Croyez donc ce qu'il vous plaira sur cette question particulière; mais ditesmoi, je vous prie, pensez-vous que le judaïsme seul ne fût pas suffisant pour influer sur le système moral et religieux d'un homme aussi pénétrant que Sénèque, et qui connaissait parfaitement cette religion'? Laissons dire les
1. Je crois qu'on ne seia pas fâché de lire ici les vers de Rutilius :
Atque utinam nunquain Judsea subacla fuisset
Pompeii bellis Imperioque Tili!
Latins excisae peslis contagia serpunt,
Victoresque snos natio victa prernit.
C'est-à-dire : « Plût aux dieux que la Judée n'eût jamais succombé sous <■ les armes de Pompée et de Titus 1 Les venins qu'elle communique s'é- « tendent plus au loin par la conquête, et la nation vaincue avilit ses « vainqueurs. » Il semble en effet que ces paroles, dites surtout dans le v« siècle, ne sauraient désigner que les chrétiens, et c'est ainsi que les a entendues le docte Huet dans sa Démonstration évangélique. (Prop. lil, g 21.) Cependant un très habile interprète de l'Écriture Sainte, et qui nous l'a expliquée avec un luxe d'érudition qui s'approche quelquefois de l'ostentation, embrasse le sentiment contraire, et croit que, dans le passage de Rutilius, il s'agit uniquement des Juifs. (Dissertazioni e lezioni di S. Scritura del P. Nicolaï délia Compagnia di Gesu. Firenze, 1756, in-4°, tome I. Dissert. prim. Voij. pag. 138.) Tant il est difficile de voir clair sur te point et de discerner exactement les deux religions dans les écrits des auteurs pa'iens.
2. Il la connaissait si bien qu'il en a marqué le principal caractère dans
poètes qui ne voient que la superficie des choses, et qui croient avoir tout dit quand ils ont appelé les Juifs verpos f^i recutitos, et tout ce qui vous plaira. Sans doute que le grand anathème pesait déjà sur eux. Mais ne pouvait-on pas alors, comme à présent, admirer les écrits en méprisant les personnes? Au moyen de la version des Septante, Sénèque pouvait lire la Bible aussi commodément que nous. Que devait-il penser lorsqu'il comparait les théogonies poétiques au premier verset de la Genèse, ou qu'il rapprochait le déluge d'Ovide de celui de Moïse? Quelle source immense de réflexions? Toute la philosophie antique pâlit devant le seul livre de la Sagesse. Nul homme
un ouvrage que nous n'avons plus, mais dont saint Augustin nous a conservé ce fragment. « 11 y a, dit Sénèque, parmi les Juifs, des hommes qui « savent les raisons de leurs mystères, mais la foule ignore pourquoi elle « fait ce qu'elle fait. « [Sen., apud S. Aug. de Civ. Dei, VII, ii.) Et saint Augustin n'a-t-il pas dit lui-même : Que peu de gens comprenaient ces mystères quoique plusieurs les célébrassent! {Ibid, X, 16.) Origène est plus détaillé et plus exprès. Y a-t-il rien déplus beau, dit-il, qtce de voir les Juifs instruits dès le berceau de l'immortalité de l'âme et des peines et des récompenses de l'autre vie ? Les choses n'étaient cependant représentées que sous une enveloppe imjthologique aux enfants et aux HOMMES-ENFANTS, Mttis pour ccux qui cherchaient la parole et qiii voulaient en pénétrer les imjsières, cette mythologie était, s'il m'est permis de m'exprimer ainsi, métamorphosée en vérité. (Orig. adv. Cels. lib, V. n° 42, pag, 610, col. 2, Litt. D.) Ce qu'il dit ailleurs n'est pas moins remarquable : La doctrine des chrétiens sur la résurrection des morts, sur le jugement de Dieu, sur les peines et les récompenses de l'autre vie, n'est point nouvelle : ce sont les anciens dogmes du Judaïsme, {Id., ibid., lib. II, n", 1, 4.)
Eusèbe, cité par le célèbre Huet, tient absolument le même langage. Il dit en propres termes : « Que la multitude avait été assujettie chez les « Hébreux à la lettre de la loi et aux pratiques minutieuses, dépourvues « de toute explication ; mais que les esprits élevés, affranchis de cette sern vitude, avaient été dirigés vers l'étude d'une certaine philosophie A\- « vine, fort au-dessus du vulgaire, et vers l'interprétation des sens allé- « goriques. >< (Huet, Demonstr. évangel., tome II, Prop. ix, chap. CLXXi, n° 8.)
Cette tradition (ou réception) est la véritable et respectable Cabale, dont la moderne n'est qu'une fille illégitime et contrefaite.
intelligent et libre de préjug-és ne lira les Psaumes sans être frappé d'admiration et transporté dans un nouveau monde. A l'égard des personnes mêmes, il y avait de grandes distinctions à faire. Philon et Josèphe étaient bien apparemment des hommes de bonne compagnie , et l'on pouvait sans doute s'instruire avec eux. En général, il y avait dans cette nation, même dans les temps les plus anciens, et longtemps avant son mélange avec les Grecs, beaucoup plus d'instruction qu'on ne le croit communément, par des raisons qu'il ne serait pas difficile d'assigner. Où avaient-ils pris, par exemple, leur calendrier, l'un des plus justes, et peut-être le plus juste de l'antiquité? Newton, dans sa chronologie, n'a pas dédaigné de lui rendre pleine justice', et il ne tient qu'à nous de l'admirer encore de nos jours, puisque nous le voyons marcher de front avec celui des nations modernes, sans erreurs ni embarras d'aucune espèce. On peut voir, par l'exemple de Daniel, combien les hommes habiles de cette iiation étaient considérés à Babylone, qui renfermait certainement de grandes connaissances. Le fameux rabbin Moïse Maimonide, dont j'ai parcouru quelques ouvrages traduits, nous apprend qu'à la fm de la grande captivité,
1. Je ne sache pas que Newton ait parlé du calendrier des Hébreux dans sa chronologie;' mais il en dit un mot en passant dans ce livre, dont on |ieut dire à bon droit : Beaucoup en ont parlé, mais peu l'ont bien connu; c'est dans le Commentaire de l'Apocalypse, où il dit laconiquement (mais c'est un oracle) : Juclasi usi non sunt vitioso cycle. (Isaaci Newtoni ad Dan. proph. valic. nec non, etc., opus poslhunium. Trad. lat. de Su- <ierman, Amst. 1736, in-4o, cap. ii. page 113.) Scaliger, excellent juge dans ce genre, décide qu'il n'y a rien de plus exact , rien de plus parfait que le calcul de l'année judaïque; il renvoie même les calculateurs modernes à l'école des Juifs, et leur conseille sans façon de s'instruire à cette école ou de se <aire. (Scaliger, de Eniend. temp., lib. VIII. Genève, 1629, in-fol., ]iag. 656.) Ailleurs il nous dit : Hsec sunt ingeniosissima, etc. methodum tiujus compuli lunaris argutissimam et elegantissimam esse nemo harum rerum paulo peritus inficiabitur. [Ibid., lib. VII, page 140.)
[Note de l'Éditeur.)
un très grand nombre de Juifs ne voulurent point retourner chez eux; qu'ils se fixèrent à Babylone; qu'ils y jouirent de la plus grande liberté, de la plus grande considération, et que la garde des archives les plus secrètes à Ecbatane était ccnfiée à des hommes choisis dans cette nation ^
En feuilletant l'autre jour mes petits Elzévirs que vous voyez là rangés en cercle sur ce plateau tournant, je tom- ; bai par hasard sur la république hébraïque de Pierre | Cùnaeus. Il me rappela cette anecdote si curieuse d'Aris- \ tote, qui s'entretint en Asie avec un Juif auprès duquel les savants les plus distingués de la Grèce lui parurent des espèces de barbares 2.
La traduction des livres sacrés dans une langue devenue celle de l'univers 3, la dispersion des Juifs dans les différentes parties du monde, et la curiosité naturelle à l'homme
1. Quelque estime qu'on doive à ce rabbin justement célèbre {Moïse Maitnonide) , je voudrais cependant, sur le fait particulier des arcliives d'Ecbatane, rechercher les autorités sur lesquelles il s'est appuyé; ce que je ne suis pointa même de faire en ce moment. Quant à l'immense établissement des Juifs au delà de l'Euphrate, où ils formaient réellement une puissance, il n'y a pas le moindre doute sur ce fait. {Voy. l'Ambasjade de Philon. hiter opéra grxe. et lut. Genève, 1613, in-fol., page 792, lilt. B.)
2. Cunœus dit en eiîet (Lib. I, c. iv, page 26 Elz. 1632) : « Tanta erudi- « lione ac scientia hominem uti prx illo omnes Grseci qui aderant « trunci et stipites esse videreniur. » Mais cet auteur, quoique d'ailleurs savant et exact, s'est permis ici une légère hyperbole , s'il n'a pas été trompé par sa mémoire. Aristote vante ce Juif comme un homme aimable, hospitalier, vertueux, chaste surtout, savant et éloquent. 11 ajoute, qu'il y avait beaucoup à apprendre dans sa conversation; mais il ne fait aucune comparaison humiliante pour les Grecs. Je ne sais donc où Cunéeus a pris ses trunci et ses stipites. L'interlocuteur, au reste, parait ignorer, que ce n'est point Aristote qui parle ici, mais bien Cléarque, son disciple, qui fait parler Aristote dans un dialogue de la composition du premier. [Votj. le fragment de Cléarque dans le livre de Josèphe contre Appion. Liv, I, chap. VIII, trad. d'Arnault d'Andiliy.) {Note de l'-Éditeur.)
3. 11 y avait longtemps avant les Septante une traduction grecque d'une, partie de la Bible. {Voy. la préface qui est à la tête de la Bible de Bcyerling. Anvers, 3 vol. in-fol. — Fréret, Défense de la Chronologie, pag»!
LES SOIRÉIÎS DE SAINT-PÉTERSBOURG. Hl
pour tout ce qu'il y a de nouveau et d'extraordinaire, avaient fait connaître de tout côté la loi mosaïque, qui devenait ainsi une introduction au Christianisme. Depuis longtemps, les Juifs servaient dans les armées de plusieurs princes qui les employaient volontiers à cause de leur valeur reconnue et de leur fidélité sans égale. Alexandre surtout en tira grand parti et leur montra des égards recherchés. Ses successeurs au trône d'Egypte l'imitèrent sur ce point, et donnèrent constamment aux Juifs de très grandes marques de confiance. Lagus mit sous leur garde les plus fortes places de l'Egypte, et, pour conserver les villes qu'il avait conquises dans la Libye, il ne trouva rien de mieux que d'y envoyer des colonies juives. L'un des Ptolomées, ses successeurs, voulut se procurer une traduction solennelle des livres sacrés. Evergètes, après avoir conquis la Syrie, vint rendre ses actions de grâces à Jérusalem : il offrit à Dieu un grand nombre de victimes et fit de riches présents au temple. Philométor et Cléopâtre confièrent à deux hommes de cette nation le gouvernement du royaume et le commandement de l'armée ^ Tout, en un mot, justifiait le discours de Tobie à ses frères : Dieu vous a dispersés parmi les nations qui ne le connaissent pas, afin que vous leur fassiez connaître ses merveilles; afin que vous leur appreniez qu'il est le seul Dieu et le seul tout-puissant-
264 ; Leçons de l'histoire, lome I, page 616. — Baltus, Défense des Pères, etc., chap. xx, Paris, in-4", 1711, pag. 614 et suiv.
On pourrait même à cet égard se dispenser de preuves; car la traduction officielle ordonnée par Ptolémée suppose nécessairement que le livre était alors, je ne dis pas connu, mais célèbre. En effet, on ne peut désirer ce qu'on ne connaît pas. Quel prince a jamais pu ordonner la traduction d'un livre, et d'un tel livre, sans y être déterminé par un désir universel, fondé à son tour sur un grand intérêt excité par ce livre?