Reg. IV
2. Banich, liv. XI. — Ils obéissaient en cela à un précepte divin. (Jerem. XXIV, 7.)
mer que la supériorité de Sénèque sur ses devanciers, par parenthèse j'en dirais autant de Plutarque, dans toutes les questions qui intéressent réellement l'homme, ne peut être attribuée qu'à la connaissance plus ou moins parfaite qu'il avait des dogmes mosaïques et chrétiens. La vérité est faite pour notre intelligence comme la lumière pour notre œil; l'une et l'autre s'insinuent sans effort de leur part et sans instruction de la nôtre, toutes les fois qu'elles sont à portée d'agir. Du moment où le Christianisme parut dans le monde, il se fit un changement sensible dans les écrits des philosophes, ennemis même ou indifférents. Tous ces écrits ont, si je puis m'exprimer ainsi, une couleur que n'avaient pas les ouvrages antérieurs à cette grande époque. Si donc la raison humaine veut nous montrer ses forces, qu'elle cherche ses preuves avant notre ère; qu'elle ne vienne point battre sa nourrice; et, comme elle l'a fait si souvent, nous citer ce qu'elle tient de la révélation, pour nous prouver qu'elle n'en a pas besoin. Laissez-moi, de grâce, vous rappeler un trait ineffable de ce fou du grand genre (comme l'appelle Buffon), qui a tant influé sur un siècle bien digne de l'écouter. Rousseau nous dit fièrement dans son Emile : Quon lui soutient vainement la nécessité d'une révélation, vuisque Dieu a tout dit à nos ijeux, à notre conscience et à notre jugement : que Dieu veut être adoré en esprit et EN VÉRITÉ, et que tout le reste nest qu'une affaire de 'police^. Voilà, Messieurs, ce qui s'appelle raisonner! Adorer Dieu en esprit et en vérité! C'est une bagatelle sans doute! il n'a fallu que Dieu pour nous l'enseigner. Lorsqu'une bonne nous demandait jadis : Pourquoi Dieu nous a-t-il mis au monde? Nous répondions : Pour le connaître, l'aimer, le servir dans cette vie, et mériter ainsi ses récompenses dans l'autre. Voyez comment cette