Asiat. researcfi., tome VII, p
Toutes les fois qu'une femme indienne accouche de deux jumeaux, elle doit en sacrifier un à la .déesse Gonza, en le jetant dans le Gange : quelques femmes même sont encore sacrifiées de temps en temps à cette déesse *.
Dans cette Inde si vantée , « la loi permet au fils de « jeter à l'eau son père vieux et incapable de travailler « pour se procurer sa subsistance. La jeune veuve est « obligée de se brûler sur le bûcher de son mari; on « offre des sacrifices humains pour apaiser le génie de « la destruction; et la femme qui a été stérile pendant « longtemps offre à son dieu l'enfant qu'elle vient de « mettre au monde, en l'exposant aux oiseaux de proie « ou aux bêtes féroces, ou en le laissant entraîner par « les eaux du Gange, La plupart de ces cruaulés furent » encore commises solennellement, en présence des Euro- « péens, à la dernière fête indostane donnée dans l'ile « de Sangor, au mois de décembre 1801 ~. »
On sera peut-être tenté de dire : Comment l'Anglais, maître absolu de ces contrées, peut-il voir toutes ces horreurs sans y mettre ordre? Il pleure peut-être sur les bûchers, mais pourquoi ne les éteint-il pas? Les ordres sévères, les mesures de rigueur, les exécutions terribles, ont été employés par le gouvernement; mais pourquoi? toujours pour augmenter ou défendre le pouvoir, jamais pour étouffer ces horribles coutumes. On dirait que les glaces de la philosophie ont éteint dans son cœur cette soif de l'ordre qui opère les plus grands changements , en dépit des plus grands obstacles; ou que le despotisme des nations libres, le plus terrible de tous, méprise trop ses esclaves pour se donner la peine de les rendre meilleurs.