PREFACE DU PREMIER EDITEUR. IX
qu'il prodigue tous les trésors de son savoir; ici le champ est plus vaste, ou, pour mieux dire, sans limites : c'est l'homme qu'il considère dans tous ses rapports avec Dieu ; c'est le libre arbitre et la puissance divine qu'il entreprend de concilier; c'est la grande énigme du bien et du mal qu'il veut expliquer ; ce sont d'innombrables vérités, ou plutôt ce sont toutes les grandes et utiles vérités , dont il s'empare comme de son propre bien , pour les défendre en possesseur légitime contre l'orgueil et l'impiété qui les ont toutes attaquées. Au milieu d'une route semée de tant d'écueils , il marche d'un pas assuré, le flambeau des traditions à la main; et sa raison en reçoit des lumières qu'elle fait rejaillir sur tous les objets dont elle sonde les profondeurs. Jamais la philosophie abjecte du xviii* siècle ne rencontra d'adversaire plus redoutable : ni la science , ni le génie, ni les renommées ne lui imposent; il avance sans cesse , abattant devant lui tous ces colosses aux pieds d'argile ; il a des armes de toute espèce pour les combattre : c'est le cri de l'indignation; c'est le rire amer du mépris ; c'est le trait acéré du sarcasme ; c'est une dialectique qui atterre; ce sont des traits d'éloquence qui foudroient. Jamais on ne pénétra avec plus de sagacité dans les replis les plus tortueux d'un sophisme pour le mettre au grand jour et le montrer tel qu'il est, absurde ou ridicule; jamais une érudition plus étendue et plus variée ne fut employée avec plus d'art et de jugement pour fortifier le raisonnement de toute la puissance du témoignage. Puis