‹ Œuvres choisiesChapitre 12 sur 83 · PREFACE DU PREMIER EDITEUR. « XI · texte numérisé non relu

PREFACE DU PREMIER EDITEUR. « XI

près inspirations. Et n'est-ce pas ainsi qu'il convient, en effet , d'entendre et de mettre en pratique les traditions de notre grand siècle littéraire? Ces traditions ne sont point perdues, ainsi que semblent le craindre quelques amateurs délicats des lettres, trop épris peut-être de certaines beautés de langage, partisans trop exclusifs de certaines manières d'écrire qui ne sont plus de notre âge, et ne prenant pas garde que l'imitation servile, qui fait les rhéteurs, est justement dédaignée de l'écrivain qui sait penser, qui a de la conscience et des entrailles. Les princes de notre littérature, qui sans doute doivent être éternellement nos modèles, comment s'y prenaient-ils eux-mêmes pour enrichir leurs écrits des précieuses dépouilles qu'ils avaient enlevées aux génies sublimes de la Grèce et de Rome?Se faisaient-ils GrecsetRomains?Nonsans doute: ils demeuraient Français, et Français comme on l'était au temps de Louis XIV. Avec un goût exquis et le jugement le plus sûr, ils savaient accommoder l'éloquence des républiques et l'inspiration des muses païennes aux mœurs nobles et douces d'une grande et paisible monarchie , à la morale pure et austère d'une religion descendue du ciel. C'est ainsi que, nous offrant l'exemple, ils nous ont aussi laissé le précepte. Imitons- les donc ainsi qu'eux-mêmes ont imité : méditons sans cesse ces chefs-d'œuvre où ils ont honoré la parole humaine plus peut-être qu'on ne l'avait jamais fait avant eux; mais visitons en même temps, et avec une ardeur non moins studieuse, ces sources antiques et

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