Liv. 1, chap. iv
vertes de Locke pourrait vous amuser pendant deux i jours. (
C'est lui qui a découvert : Que pour quil y ait confu- | sion dans les idées, il faut au moins qu'il y en ait deux. ■! De manière qu'en mille ans entiers, une idée, tant qu'elle t sera seule, ne pourra se confondre avec une autre^. l
C'est lui qui a découvert que si les hommes ne se j sont pas avisés de transporter à l'espèce animale les noms de parenté reçus par eux; que si, par exemple, l'on ne dit pas souvent : Ce taureau est aïeul de ce veau; ces deux pigeons sont cousins germains-, c'est que ces noms nous sont inutiles à l'égard des animaux, au lieu qu'ils sont nécessaires d'hommes à hommes, pour régler les successions dans les tribunaux, ou pour d'autres raisons 3.
C'est lui qui a découvert que si Tonne trouve pas dans les langues modernes des noms nationaux pour exprimer, par exemple, ostracisme ou proscription, c'est qu'il n'y a, parmi les peuples qui parlent ces langues, ni ostracisme ni proscription ^, et cette considération le conduit à un théorème général qui répand le plus grand jour sur toute la métaphysique du langage : C'est que les hommes ne parlent que rarement à eux-mêmes et jamais aux autres des choses qui n'ont point reçu de nom: de sorte (remarquez bien ceci, je vous en prie^ car c'est un principe) que ce qui n''a point de nom ne sera jamais nommé en conversation ^.