‹ Œuvres choisiesChapitre 61 sur 83 · Jbid · texte numérisé non relu

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5. Ideas us ranked under names, being those that for the most part inen reason of within themselves and always those which they commune about with the Other. (il, 29, § 2.) — Ce passage, considéré sérieusement,

LES SOIRÉES DE SAINT-PÉTERSBOURG. 22i

C'est lui qui a découvert :Que les relations peuvent changer sans que le sujet change. Vous êtes père, par exemple : votre fils meurt; Locke trouve que vous cessez d'être père à l'instant, quand même votre fils serait mort en Amérique ; cependant aucun changement ne s'est opéré en vous : et de quelque côté quon vous regarde, toujours on vous trouvera le même K

Le chevalier. — Ah! il est charmant! savez-vous bien que s'il était encore en vie, je m'en irais à Londres tout exprès pour l'embrasser.

Le coaiTE. — Je ne vous laisserais cependant point partir, mon cher chevalier, avant de vous avoir expliqué la doctrine des idées nég^atives. Locke vous apprendrait d'abord : Quil a des expressions négatives qui ne produisent pas directement des idées positives-, ce que vous croirez volontiers. Vous apprendriez ensuite qu'une idée négative n'est autre chose qu'une idée positive, PLUS, celle de l'absence de la chose; ce qui est évident, comme il vous le démontre sur-le-champ par l'idée du silence. En effet, qu est-ce que le silence? — Cest le huit PLUS, V*ahsence du bruit.

présente trois erreurs énormes : 1" Locke reconnaît expressément la parole intérieure, et cependant il la fait dépendre de la pensée extérieure. C'est l'extravagance du WIIl® siècle; 2° il croit que l'hoiinne (indépendamment de tout vice organique) peut quelquefois exprimer à luimême ce qu'il ne peut exprimer à d'autres; 3° il croit que l'homme n.e peut exprimer une idée qui ne porte point de nom distinct. — Mais tout «eci ne peut qu'être indiqué.

1. Caius, verbi gratiâ. (Toujours le collège!) Whora I consider to day as a fallier ccases to be so to morrow Only (ceci est prodigieux) ! by the death of his son, without any altération made in himself. (II, xxv, § 5.) Il est assez singulier que ce Caius ait choqué l'oreille réfugiée de Coste traducteur français de Locke. Avec un goût merveilleux, il a substitu Tilius.

2. Indeed. \ve hâve négative naines which stands not directly for positive ideas. (II, viii, § 5.) Il a été conduit à cette grande vérité par la considération* de l'ombre qu'il trouve tout aussi réelle que le soleil. En confondant la lumière avec les rayons directs, et l'absence des uns avec l'absence de l'autre, il fait pâmer de rire.

Et qu'est-ce que le rien? (ceci est important; car c'est l'expression la plus générale des idées nég-atives) Locke répond avec une profondeur qu'on ne saurait assez exalter : C'est Vidée de l'être, à laquelle seulement f on ajoute, pour plus de sûreté, celle de l'absence de Vêtre 1.

Mais le rien même n'est rien comparé à toutes les belles choses que j'aurais à vous dire sur le talent de Locke pour les définitions en général. Je vous recommande ce point comme très essentiel, puisque c'est l'un des plus amusants. Vous savez peut-être que Voltaire, avec cette légèreté qui ne l'abandonna jamais, nous a dit : Que Locke est le premier philosophe qui ait appris aux hommes à définir les mots dont ils se servent -, et qu'avec son grand sens il ne cesse de dire : définissez! Or, ceci est exquis; car il se trouve précisément que Locke est le premier philosophe qui ait dit ne définissez pas 3 ! et qui cependant n'ait cessé de définir, et d'une manière qui passe toutes les bornes du ridicule.

Seriez-vous curieux, par exemple, de savoir ce que c'est que la puissance? Locke aura la bonté de vous apprendre : Que c'est la succession des idées simples dont les unes' naissent et %s autres périssent^. Vous êtes éblouis, sans

1. Négative names... such as insipide, silence, nihil... dénotes positive ideas, verbi gratià, Taste, Sound, Being, with a signification oftheir absence. (Ibid.)

2. Voilà, comme on voit, un puissant érudit! car personne n'a p?MS et mieiix défini que les anciens; Aristole surtout est merveilleux dans ce genre, et sa métaphysique entière n'estqu'un dictionnaire.

3. Voyez son livre III, chapitre iv, si bien commenté par Condillac. (Essai sur l'orig. des conn. hum., sect. III, § 9, et suiv.) On y lit, entre autres choses curieuses : Que les Cartésiens n'ignorant pas qu'il y a des idées plus claires que toutes les définitions qu'on en peut donner, n'en savaient cependant pas la raison, quelque facile qu'elle paraisse à apercevoir. (§ 10.) Si Descartes, Mallebranche, Lami, le cardinal de Polignac, etc., revenaient au monde, 0 qui cachinni!

4. Je ne sache pas que Locke ait donné positivement une définition de la puissance; il explique plutôt comment cette idée se forme dans notre

doute, par cette clarté; mais je puis vous citer de bien plus belles choses. En vain tous les métaphysiciens nous avertissent d'une commune voix de ne point chercher à définir les autres. Le génie de Locke domine et • hauteurs : et il est en état, par exemple, de nous doi^zier une définition de Vexistence bien autrement claire que l'idée réveillée dans notre esprit par la simple énonciation de ce mot. Il vous enseigne que l'existence est l'idée qui est dans notre esprit, et que nous considérons comme étant actuellement la, ou l'objet que nous considérons comme étant actuellement hors de nousK On ne croirait pas qu'il fût possible de s'élever plus haut si l'on ne rencontrait pas tout de suite la définition de l'unité. Vous savez peut-être comment le précepteur d'Alexandre la définit jadis dans son acception la plus générale. L'unité, dit-il, est Vêtre; et l'unité chimérique, en particulier, est le commencement et la mesure de toute quantité -. Pas tant mal, comme vous voyez ! mais c'est ici cependant où le progrès des lumières est frappant. Vunité, dit Locke, est tout ce qui peut être considéré

esprit : mais l'interlocuteur est fort éloigné de se rappeler le verbiage de Loc\ie. L'esprit, dit-il, étant informé cliaque jour par les sens de l'altération de ces idées simples qu'il observe dans les choses extérieures (des idées dans les choses!!!), venant de plus à connaître comment l'une arrive à sa fin et cesse d'exister, il considère dans une chose la possibilité de souffrir un changement dans ses idées simples (Encore!!!) et dans l'autre la possibilité d'opérer ce changement, et de cette manière il arrive à cette idée que nous appelons puissance.

(Note de l'Éditeur.) And so, Cornes by that idea lohich we call Power. (Liv. II, chap. xxi,

1. Wkenideasare in our minds, we consider them, as being actually THEKE, «5 ivell as we consider things to be actually loithout us; ivhich is that they exist, or hâve existence. (L. Il, cb. vu, § 7.)

Ce philosophe n'oublie rien, comme on voit : après avoir dit : Voilà ce qui nous autorise à dire que les choses existent, il ajoute, ou qu'elles ont l'existence. Après cela, si on ne le comprend pas, ce n'est pas sa faute.

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