‹ Œuvres choisies;Chapitre 124 sur 194 · LES DROLERIES DU PERE JEAN · texte numérisé non relu

LES DROLERIES DU PERE JEAN

Mettez les poings aux côtés,

Marionnettes,

Marionnettes, Mettez les poings aux côtés, Marionnettes ! et sautez î

L£S DKOLEKÏES DU PÈKE JDCAN

Le père Jean, dans sa commune.

Vécut toujours considéré.

Seigneur de son humble fortune, Fauchant son herbe dans son pré.

Grand amateur de la justice, Quand, au plus faible, le plus fort Cherchait querelle et faisait tort.

Il le mettait dans sa notice, Disant tout haut, sans nul souci :

« Encore un drôle, celui-ci ! »

Il eut sa part des giboulées Qui de nos ans trompent l'avril, Sa part des bises redoublées Où notre automne est en péril.

De maint orage il brava l'ire ; Puis, quand la mort le tint perclus Et que sa tête n'y fut plus, Il répétait, dans son délire.

LÉGENDES ET VIEUX REFRAINS

Son mot par là, son mot par ci : « Encore un drôle, celui-ci ! »

« Encore un drôle, qui chicane Sur le droit clair, cet avocat ; Un drôle encor, qui se condamne Dans ses arrêts, ce magistrat; Un drôle encor, mon voisin Pierre Qui maquignonne son cheval ; Et le boucher, le maréchal Qui font leur compte à leur manière.

On leur fera leur compte aussi :

Autant de drôles, tous ceux-ci!

» Un drôle encore, dans son prône.

Qui nous en dit plus qu'il n'en fait ; Un drôle tout du long de l'aune, Tout beau parleur de peu d'effet ; Un drôle encor, quand j'éternue.

Celui qui dit, me regardant :

« Dieu vous bénisse ! » et cependant Jamais pour moi ne se remue.

De son prochain n'ayant merci :

Un fameux drôle, celui-ci!

» Un drôle encore, en grande vogue Dans la chaumière et le chalet, Celui qui fait, plaisant ou rogue.

Du bon peuple sa vache à lait.

Page 1