LES DROLERIES DU PERE JEAN
Cet autre encore, qui souhaite La bienvenue à chaque vent, • Pourvu que tourne plus souvent Sa roue avec sa girouette, N'est-il pas drôle ? et, par ainsi, Encore un drôle, celui-ci î
» Prince ou berger, dans la montagne.
Pasteurs d'humains ou de troupeaux, Césars de Rome ou d'Allemagne, Maîtres de la terre ou des eaux ; Despote ou chef de république, Czar, ou bourgmestre, ou président, Chacun qui va s'accommodant Du lot d'autrui, sans qu'on répUque Lorsque le tour a réussi...
Combien de drôles dans ceux-ci !
» Encore un drôle!... » La harangue
Du père Jean finit soudain,
Et, ce dernier mot sur la langue.
Il entre au céleste jardin ;
Où, voyant plus qu'il ne désire
De justice, de sainteté,
Le père Jean, déconcerté.
Pensant à soi, ne peut que dire,
Confus, joyeux, ému, transi :
« Encore un drôle, que voici! »
LÉGENDES ET VIEUX REFRAINS
LA CKARK£TT£
Je ne possède au monde Qu'une charrette à bras, Et sur elle je fonde L'espoir de mes repas.
Elle se rit, proprette, Du chaland querelleur.
Je traîne ma charrette, Comme d'autres la leur.
Je vais de rue en rue Et j'observe à part moi La foule qui se rue.
Chacun pensant à soi. Petite ou longue traite.
Dans l'ombre ou la chaleur, On traîne sa charrette.
Comme d'autres la leur.
Je traîne mes légumes.
Mon cresson, mon cerfeuil; D'autres, en grands costumes.
Vont traînant leur orgueil.
On envie, on regrette, On n'a qu'heur et malheur ; On traîne sa charrette.
Comme d'autres la leur.