‹ Œuvres choisies;Chapitre 134 sur 194 · HOMUNCULUS · texte numérisé non relu

HOMUNCULUS

Il est nous, dans sa gaîne; Et chacun, pour son bien, A le sien.

Il est plus diaphane Que le souffle argentin

Du matin ; Le moindre vent le fane Et le fait tressaillir

Et pâlir.

Si son berceau se tache.

S'il s'y glisse en rampant

Un serpent.

En vain on le lui cache.

Il en a de l'émoi,

De l'effroi.

Il est dans sa nature De sentir en dormant

Si l'on ment.

Bénigne créature, Il abhorre le mal,

Son rival.

Son sommeil se prolonge Tantôt plus, tantôt moins.

Sans témoins,

LÉGENDES ET VIEUX REFRAINS

Sans que, même en un songe, Personne ait eu l'espoir De le voir.

Mais il est ; il habite En nous, sans faire bruit,

Et nous suit.

Il se plaint, il s'agite Si nous ne marchons pas

Bien au pas.

Des savants qu'on renomme Ont usé leurs creusets,

Vains essais!

Pour faire un petit homme Semblable à celui-là

Que voilà.

C'est un plus grand chimiste Qui le fit, le forma,

L'anima, Et, patient artiste.

Ne veut le mettre au jour

Qu'à son tour.

Il est sous notre garde.

Il nous est confié, Et lié.

HUMUNCULUS

Qu'il avance ou qu'il tarde, Nous et lui, c'est tout un :

Sort commun.

Devenu plus agile, Quand doit-il s'éveiller,

Gazouiller ?

Quand son berceau fragile En pièces s'en ira.

Tombera.

Alors, le petit homme,

Plus grand qu'aucun de nous.

Que nous tous.

S'il a fait un bon somme.

Bénira ce réveil

Sans pareil.

Qu'il dorme bien,

Qu'il dorme bien.

Qu'il se dorlote bien!

Sans se' douter,

Sans se douter, Sans se douter de rien.

LÉGENDES ET VIEUX REFRAINS

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