‹ Œuvres choisies;Chapitre 148 sur 194 · LA PAKTIE DE BOULES · texte numérisé non relu

LA PAKTIE DE BOULES

(Historique. — Inédit.)

Dans l'allée au fuyant contour Nous avions, rasant la bordure, Jeté nos boules tour à tour.

Elle, d'une main preste et sûre.

Et moi, de m' étonner comment La boule pesante et qui sonne Pouvait partir si gentiment De si petite main mignonne.

Mieux cependant que je ne puis, Je voyais cette main rosée Balancer la boule de buis.

Qui partait comme une fusée.

Elle fit plus d'un coup vainqueur, Serrant de près le but mobile.

J'en sais qui disent : « Dans mon cœur Elle est encor bien plus habile. »

Pour nous, au chef tout grisonnant, De tels pensers ne sont pas nôtres ; Mais chaque coup bien résonnant.

Je le voyais tomber sur d'autres.

JEUNES FILLES

Toc ! et voilà l'un débusqué,

Toc î un second qui l'accompagne,

Toc ! un troisième débloqué.

Mais pour mieux tenir la campagne.

Quel est celui qui restera ?

En est-il un, joueur fidèle, Longtemps battu, mais qui saura Gagner la partie avec elle ?

En son jeu donc, moi, je rêvais Au jeu du monde et de la vie.

Y pensait-elle? moi, j'avais L'âme à la fois triste et ravie.

On ne pense à rien de cela Lorsque l'on monte encor la cime ; Mais quand on descend au delà.

Après la pente on voit l'abîme.

Oh! qu'il lui soit longtemps voilé.

Et puisqu'à tout œil il se montre, Sans en avoir le cœur troublé.

Qu'elle en soutienne la rencontre !

Pendant que je rêvais ainsi,

Elle, dans l'eau de la fontaine.

Plongea sa main, ayant souci

De quelques grains de sable à peine.

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