POUR LIN A
Et la fontaine au frais jasmin Me répondant par son murmure, Tant qu'elle eut la petite main, Semblait couler encor plus pure.
Lausanne, 10 juillet 1869.
POUK LINA
(Inédit.)
Dans ses cheveux blonds et bouclés Court et se glisse et se fait place.
Malgré leurs flots entremêlés, Le ruban bleu qui les enlace.
Ainsi parfois, double trésor, Sur les sentiers où le blé penche, On voit le long du sillon d'or Le bleu sillon de la pervenche.
Mais son regard, rayon charmant, Comment le peindre ? Et son sourire ?
On ne saurait même comment Les séparer pour les décrire.
Telle est sa grâce au doux maintien, Sa bonté vive et même tendre, Que l'on est pris en moins de rien.
Pris d'amitié, pour bien l'entendre.
JEUNES FILLES
Dans ces chalets où mon cœur va Sitôt qu'il peut donner de l'aile, Par un beau soir elle arriva, Fleur du pré vert, et la plus belle.
Quand son regard riant et pur De cime en cime errait, timide, Et se perdait dans leur azur, « Oh! me disais-je, l'œil humide,
» Oh ! que les cieux, des cieux plus hauts Que cet azur des monts en fête, Versent leur joie et leur repos Et leur sourire sur sa tête ! »
Puis, de l'alpage aux fières tours. Causant, rêvant, nous descendîmes, Et maintenant je vois toujours Sa blonde tête au pied des cimes.
Cergniemin, 30 août 1868.