‹ Œuvres choisies;Chapitre 152 sur 194 · ŒIL DU MATIN · texte numérisé non relu

ŒIL DU MATIN

(Inédit.)

Il était jadis une belle Que j'appelais: Œil du matin, Car il sortait de sa prunelle Un rayon d'azur argentin.

Les cheveux blonds, la taille fine.

Le pas léger, foulant le thym.

Oui c'était bien, sur la colline.

C'était bien vous, Œil du matin.

Troublée un jour d'une pensée, De quelque nuage lointain.

C'était encor, dans la rosée.

Rosée en pleurs, l'Œil du matin.

De Roméo, de Juliette Rêvait-elle le noir destin ?

Qu'elle ait plutôt de l'alouette.

Qu'elle ait toujours l'œil du matin !

Gryon, novembre 1874.

JEUNES FILLES

ENCOKE UN PORTRAIT

(Inédit.)

Elle est jeune, vive et riante, Elle a la grâce et la beauté, La chevelure chatoyante, D'un noir brillant et velouté ;

Sur un front blanc, pur et candide, Deux arcs d'ébène au fin contour, Et des yeux bruns, flamme limpide.

Onde de feu, rayon du jour.

Et pourtant rien dont on s'effraie.

Nul air altier, nul ris moqueur :

C'est réglantine sur la haie.

Son naturel et sa fraîcheur.

Quand elle chante, sa voix pure.

Souple et sonore sans efforts, A le facile et doux murmure De l'eau jouant avec ses bords.

A la voir ainsi florissante.

Chacun l'aime, tout haut, tout bas, Clmcun dit : Elle est ravissante.

Elle seule ne le croit pas.

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