‹ Œuvres choisies;Chapitre 185 sur 194 · SUPPLÉMENT A LA NOTICE BIOGRAPHIQIJE ET LITTÉRAIRE · texte numérisé non relu

SUPPLÉMENT A LA NOTICE BIOGRAPHIQIJE ET LITTÉRAIRE

L'auteur de la Notice profite de l'occasion que lui offre ce supplément pour remplir une lacune. Il a parlé, au tome I, pag. XXII, d'une famille « peu respectable, » dans laquelle Olivier, dès la seconde année de son séjour à Lausanne, remplit les fonctions d'un précepteur ou plutôt d'un répétiteur, et il a négligé de mentionner une autre famille, très respectable, où le jeune étudiant fut introduit peu de temps après, et où il forma des relations précieuses, qui ne furent point sans influence sur son développement. Un ami d'Olivier, dont le nom est facile à deviner sous les initiales de A.-L. H., a réparé cet oubli dans une notice publiée à la fin de V Agenda des études pour la Suisse française^ année 1878 à 1879. On y lit :

« Dans une maison de la rue de Bourg vivait alors, avec son gendre, sa fille et son petit-fils, une dame qui avait conservé toute la distinction d'esprit et l'exquise politesse du XVIII^ siècle, sans aucune des prétentions de l'ancienne noblesse du pays de Vaud. Madame Renée Murât, née Clavel de Marsens, avait connu Voltaire, Gibbon et bien d'autres personnages célèbres, et elle possédait sur la société de leur temps un fond inépuisable d'anecdotes. Elle entendit parler d'Olivier, et le pria de donner des leçons de latin à son petit-fils. Lorsque notre professeur en herbe avait

492 APPENDICE

expliqué Virgile ou Tacite, il prenait le thé avec la famille, et toute la soirée se passait en lectures et en conversations littéraires. Olivier communiquait ses premiers essais poétiques. Madame Murât, qui avait un goût très sûr et une prononciation très correcte, ne laissait rien passer. Les encouragements se mêlaient aux critiques. Plus tard, elle invita trois camarades de son petit-fils à prendre part à ces exercices. Celui qui en profitait le plus, vous l'avez déjà nommé. Voilà une seconde « bonne fée, » après celle d'Eysins, qui Pavait endormi avec des chansons et entouré de sa vive tendresse. Aussi Olivier appelait-il celle de Lausanne « sa bienfaitrice. » Et en achevant le portrait qu'il nous fit de cette « aimable vieille, » il ajouta: « Si j'ai su un peu de français, c'est bien à elle que je le dois. »

Page 1