‹ Œuvres choisies;Chapitre 3 sur 194 · COUPLETS · texte numérisé non relu

COUPLETS

adressés à M. Monnard , en 1828.

De tristes jours avaient sur l'Helvétie Jeté le deuil de leur pesant brouillard. La liberté, dans cette ombre épaissie , De plus en plus échappait au regard.

Mais sur nos monts son arbre croît encore ! De fraîches eaux viendront le rajeunir.

Salut, beau jour ! salut, brillante aurore ! O mon pays, espère en l'avenir!

Loin ! loin de nous l'aride somnolence D'un peuple éteint, de torpeur hébété , Bœuf à l'engrais qui rumine en silence L'oubli honteux de sa virilité !

Jadis l'effroi des lointaines campagnes , Par cent liens on veut le contenir.

Mais réveillons le taureau des montagnes. O mon pays, espère en l'avenir !

Sous un beau ciel, au pied des hautes cimes Dont le couchant rougit les manteaux bruns „ Comme une fleur qui sourit aux abîmes , La Muse aussi répandra ses parfums.

De verts sapins elle fait sa guirlande ; L'effort des vents ne la pourra ternir. Pour la patrie est-il plus belle offrande ? O mon pays, espère en l'avenir!

CHANTS NATIONAUX

D'astres brillants la nuit pare sa tête ; Le frais sommeil glisse au milieu des airs. Gais troubadours et ménestrels de fête , Venez, venez accompagner mes vers.

D'esprits légers une troupe invisible A notre voix doucement va s'unir.

Entendez-vous l'écho du ciel paisible ?

O mon pays, espère en l'avenir!

O monts vaudois, qui fermant les vallées ,

Baignant vos pieds dans un liquide azur ,

Rafraîchissez vos têtes dépouillées

Dans le bleu lac d'un ciel profond et pur ;

Pour nos drapeaux qui ne flottent qu'à peine ,

Vieux gardiens, ne voit-on rien venir ?

— On voit le vent et sa féconde haleine. —

O mon pays, espère en l'avenir !

LE CKÏ DE GUEKKL

Dans nos cités, dans nos villages ,

Un cri de guerre est descendu.

L'écho des monts et des rivages

A ce signal a répondu.

Au bruit du vent tremblent nos toits rustiques La foudre luit, et gronde autour de nous. Ne craignez rien, petites répubUques !

La liberté veille sur vous.

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