COUPLETS
adressés à M. Monnard , en 1828.
De tristes jours avaient sur l'Helvétie Jeté le deuil de leur pesant brouillard. La liberté, dans cette ombre épaissie , De plus en plus échappait au regard.
Mais sur nos monts son arbre croît encore ! De fraîches eaux viendront le rajeunir.
Salut, beau jour ! salut, brillante aurore ! O mon pays, espère en l'avenir!
Loin ! loin de nous l'aride somnolence D'un peuple éteint, de torpeur hébété , Bœuf à l'engrais qui rumine en silence L'oubli honteux de sa virilité !
Jadis l'effroi des lointaines campagnes , Par cent liens on veut le contenir.
Mais réveillons le taureau des montagnes. O mon pays, espère en l'avenir !
Sous un beau ciel, au pied des hautes cimes Dont le couchant rougit les manteaux bruns „ Comme une fleur qui sourit aux abîmes , La Muse aussi répandra ses parfums.
De verts sapins elle fait sa guirlande ; L'effort des vents ne la pourra ternir. Pour la patrie est-il plus belle offrande ? O mon pays, espère en l'avenir!
CHANTS NATIONAUX
D'astres brillants la nuit pare sa tête ; Le frais sommeil glisse au milieu des airs. Gais troubadours et ménestrels de fête , Venez, venez accompagner mes vers.
D'esprits légers une troupe invisible A notre voix doucement va s'unir.
Entendez-vous l'écho du ciel paisible ?
O mon pays, espère en l'avenir!
O monts vaudois, qui fermant les vallées ,
Baignant vos pieds dans un liquide azur ,
Rafraîchissez vos têtes dépouillées
Dans le bleu lac d'un ciel profond et pur ;
Pour nos drapeaux qui ne flottent qu'à peine ,
Vieux gardiens, ne voit-on rien venir ?
— On voit le vent et sa féconde haleine. —
O mon pays, espère en l'avenir !
LE CKÏ DE GUEKKL
Dans nos cités, dans nos villages ,
Un cri de guerre est descendu.
L'écho des monts et des rivages
A ce signal a répondu.
Au bruit du vent tremblent nos toits rustiques La foudre luit, et gronde autour de nous. Ne craignez rien, petites répubUques !
La liberté veille sur vous.