L'UNION
Tir fédéral de 1828.
Sur le rivage où, roi de cent vallées , L'heureux Léman déroule en paix ses flots , Viennent s'ébattre, en joyeuses volées, Les pèlerins de nos tirs fédéraux.
La carabine, au montagnard légère , Les accompagne et veille à leur côté.
Soyez unis, fils d'une même terre !
L'union fait la liberté.
Notre Helvétie, âpre et forte nourrice , Est ignorante à ménager ses fils.
Leur œil, leur pied bravent du précipice L'affreux vertige et les sombres défis.
Tell, vieil archer, si tu pouvais descendre , Tu sourirais à notre habileté.
Qu'à ce refrain tressaille au moins ta cendre : L'union fait la liberté.
CHANTS NATIONAUX
Le jeune Suisse, auprès du lit rustique , Où de son père ont fini les longs jours , Suspend au mur la carabine antique , Dernier présent qu'il gardera toujours.
Gage sacré, noble et saint héritage , De père en fils jusqu'à nous transporté , Des temps anciens redis-nous le langage ! L'union fait la liberté.
Sous le feuillage où pendent nos bannières, Au souffle pur qui fait tomber le jour , Que les élans de nos chansons guerrières Jettent dans l'âme un fraternel amour ! Joignons les mains pour une ronde immense], Et qu'elle tourne avec rapidité !
Mon beau refrain marquera la cadence , L'union fait la liberté.
Peut-être un jour, un cri long et terrible , Un cri de guerre éveillera ces bords.
Dans le Léman, si doux et si paisible , On entendrait mugir de sourds accords^ Son onde errante au gré du vent d'orage , Se lèverait contre un joug détesté.
A ce moment ne perdons pas courage !
L'union fait la liberté.