CHANT DE PAIX
(Musique de V^inter. — 1837.)
Dans la plaine un doux murmure S'éveille au vent du matin ; La nuit même, à peine obscure , Répète un concert lointain.
Vers la terre qui repose Et fleurit comme une rose , Des hauts cieux voilés d'azur Il vient un chant vague et pur.
Chant de paix, fraîche harmonie !
Voix de l'âme à l'âme unie !
C'est un hymne, chaque jour , D'espoir, de vie et d'amour.
Tout est calme et sans nuage.
Père, mère, enfants, aïeul , Sont assis, après l'ouvrage , Sur le banc, sous le tilleul ; L'arbre en fleur, de son grand dôme Rafraîchit l'air qu'il embaume , Et vers son feuillage noir Bientôt monte un chant du soir.
l'helVétie
Chant de paix, tendre harmonie !
Voix de l'âme à l'âme unie !
Comme un cercle sur les eaux , Etends au loin tes échos.
Unis-toi, terre fleurie ,
A cet hymne fraternel !
Et formons de la patrie
Le chœur saint, universel.
Nous, ses fils, disons sa gloire !
Assurons-en la mémoire !
Et jusqu'au sommet des temps
Qu'elle monte dans nos chants !
Chant de paix, grande harmonie !
Voix de l'âme à l'âme unie 1 Ouvre au ciel ton aile d'or , Au ciel porte un seul accord.
L'KELVÈTÏ£
Il est, amis ! une terre sacrée ,
Où tous ses fils veulent au moins mourir.
Du haut des monts dont elle est entourée ,
Lequel de nous la vit sans s'attendrir ?
Cimes qu'argenté une neige durcie ,
Rocs, dans les airs dressés comme des tours
Vallons fleuris, Helvétie ! Helvétie !
C'est toi, c'est toi, que nous aimons toujours
CHANTS NATIONAUX
La liberté, depuis les anciens âges Jusques à ceux où flottent nos destins , Aime à poser ses pieds nus et sauvages Sur les gazons qu'ombragent tes sapins.
Là, sa voix forte éclate et s'associe Avec la foudre et ses roulements sourds. A cette voix, Helvétie ! Helvétie !
Nous répondrons, nous qui t'aimons toujours.
Mais oh ! dis-nous : Tes secrètes vallées Que la rosée enrichit de ses pleurs , Un jour, pourquoi furent-elles foulées Par l'étranger, qui moissonna tes fleurs ? De tes torrents pourquoi l'onde noircie Dut-elle voir le sang tacher son cours? Oh ! dis-le nous ! Helvétie ! Helvétie ! Car nous t'aimons, nous t'aimerons toujours !
— C'est la discorde ! Ah oui ! telle est la plaie
Qui te dévore et te ronge le sein.
Ne tarde plus ; et que ta main balaie
Des faux enfants le corrupteur essaim !
Ou tu verras, terrible prophétie !
Périr ton nom, ta gloire et tes beaux jours.
Mais alors même, Helvétie ! Helvétie !
Nous qui t'aimons, nous t'aimerons toujours.
Mais au-dessus de tes monts, des nuages , Bien au-dessus de tout penser mortel , J'ai vu la main qui tient le fil des âges , Divin moteur de l'ordre universel :