‹ Œuvres choisies;Chapitre 6 sur 194 · LE VIEUX LAHARPE · texte numérisé non relu

LE VIEUX LAHARPE

Rayon qui luit sur ta tête obscurcie , Près de l'abîme il sera ton secours.

Oh ! suis ton guide, Helvétie ! Helvétie ! Pour nous sauver, nous qui t'aimons toujours.

(Note des éditeurs.) — Cette chanson parut d'abord dans les Deux Voix. En la reproduisant en tête du Livre helvétique des Chansons lointaines , Olivier en retrancha les trois derniers couplets et les remplaça par le suivant :

Nous qui t'aimons, nous qui de cime en cime

Etions si fiers de ton rude sentier,

Si nous pleurons, nous penchant sur l'abîme,

Que tu te plais parfois à défier ;

Si nous rions dans ta nue épaissie ,

Comme l'on rit quand on crie au secours ,

Tu le sais bien, Helvétie ! Helvétie !

Nous qui t'aimons, nous t'aimerons toujours.

LE VIEUX LAHAKPE'

Le vieux Laharpel ainsi dit avec grâce Le peuple ami du surnom famiHer,

^ Frédéric-César Laharpe, l'instituteur d'Alexandre et le tribun de la révolution helvétique. Le peuple l'appelait ainsi : Le vieux Laharpe^ moins à cause de son grand âge ou pour le distinguer des autres membres de sa famille, que pour marquer, par cette désignation familière, qu'il était une vieille connaissance pour lui. Ces couplets furent chantés à Rolle, sa ville natale, lors de l'inauguration de son monument. (Revue de Paris et Revue suisse d'octobre 1844.)

CHANTS NATIONAUX

Comme l'on dit : vieux chêne, vieille race,

De ces cœurs forts que rien ne fait plier.

Il est assez de roseaux sur la plage

Qu'au moindre souffle on voit tous se pencher ;

Ah! dans nos temps de faiblesse et d'orage,

Il faut le chêne, assis sur le rocher.

Le vieux Laharpe! ainsi l'ont vu nos pères, Antique et pur sous un front de vingt ans. A notre tour, nous l'avons vu, mes frères, Jeune de cœur, tout jeune en cheveux blancs ; Et sa mémoire est comme un bel ombrage Oîi nos enfants aimeront à marcher.

Ah! dans nos temps de faiblesse et d'orage, Il faut le chêne, assis sur le rocher!

Le vieux Laharpe ! un vrai fils d'Helvétie Que rien ne doit vaincre et décourager : Ni sur les monts tant de neige épaissie, Ni l'autre hiver qui sur tous vient neiger ! Fécond exemple, héroïque héritage Que rien non plus ne nous doit arracher ! Ah! dans nos temps de faiblesse et d'orage, Il faut le chêne, assis sur le rocher.

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