‹ Œuvres choisies;Chapitre 53 sur 194 · LE CHEMIN · texte numérisé non relu

LE CHEMIN

(Inédit.)

Il est un vieux, très vieux chemin.

Mais que rien n'use, rien n'altère, Un ouvrage plus que romain, Le chemin de toute la terre.

D'un pôle à l'autre est son circuit, Il rend tout pays tributaire, Partout on le trouve, on le suit.

Ce chemin de toute la terre.

La foule n'y cesse jamais;

Il recrute au val solitaire,

Et l'on vient des plus hauts sommets

Au chemin de toute la terre.

Le petit, le faible et le fort, Le méchant, le joyeux, l'austère, Tous prennent, par un commun sort, Le chemin de toute la terre,

RELIGION ET PHILOSOPHIE

Route royale, humble sentier, Tout conduit à sa grande artère, Tout va, sans guide et sans portier.

Au chemin de toute la terre.

Fleur, papillon, gazelle, oiseau, Renard et loup, tigre et panthère, Ont même rets, même réseaux, Le chemin de toute la terre.

Tous s'en vont du même côté.

Tant soit le pas retardataire, Et nul n'a jamais remonté Le chemin de toute la terre.

Il est d'abord de gazon vert.

Puis il s'engouffre en un cratère.

Où tout à coup tombe et se perd Le chemin de toute la terre.

La terre elle-même et les cieux, Marqués aussi du noir mystère.

Suivent d'un pas silencieux Le chemin de toute la terre.

Où mène-t-il ?... Disons-nous bien.

Même sans foi plus salutaire.

Qu'il n'est pas là tracé pour rien.

Le chemin de toute la terre.

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