‹ Œuvres choisies;Chapitre 98 sur 194 · SUK UN JEUNE HOMME NOYE · texte numérisé non relu

SUK UN JEUNE HOMME NOYE

(Inédit.)

Toujours je le verrai, les traits calmes, sans rides, Comme un jeune héros, sur le sable étendu, Au bord de ces flots bleus souriants et perfides, Qui nous l'ont pris vivant et mort nous l'ont rendu.

Hélas! toujours aussi, toujours, son pauvre père. Je le verrai pleurant, errant sur le gravier. Se penchant sur le fils, se tournant vers la mère. Allant de l'un à l'autre en ce triste sentier.

O douleur ! ô famille ! Oh ! quel vide en ses fêtes ! Ce rameau de vingt ans tout d'un coup retranché ! D'autres autour du tronc lèvent leurs jeunes têtes, Mais c'était le plus fort qui s'en est détaché.

Et pourtant, sortir pur de cette vie impure, Traverser sans efl'ort le chemin redouté. N'est-ce pas, échappant à l'humaine souillure, Changer sa vie en fleur en fruit d'éternité?

TRISTESSES ET REVERIES

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