ACTE QUATRIÈME
I11LD1GA
Malheureux ! Que dis-tu?
ELLAK
Non, j'outrage à la fois ta gloire et ta vertu ; Tu n'y saurais manquer, je le sais.
Suis-moi donc.
Non.
HILD1GA
HILDIGA
Je l'espère !
ELLAK
Alors, tu veux tuer mon père !
HILDIGA
C'est vrai. Dénonce-moi; fais ton devoir de fils, Ou je ferai le mien comme je te le dis. Condamne donc ton père ou moi. Qu'il t'en souvienne : Si tu parles, ma mort; si tu te tais, la sienne!
ELLAK
Parle encore, Hildiga, car je doute, éperdu Dans FefTroi de mon cœur, si j'ai bien entendu ! Que t'ai-je fait? Pourquoi m'imposer ce supplice D'être ton assassin ou d'être ton complice? Si je n'avertis point mon père, ce n'est pas, Ce n'est pas seulement le livrer au trépas : La vieille loi des Huns regarde comme infâme Le roi même qui meurt de la main d'uae femme ; Point de bûcher pour lui, point de tombeau sacré, On jette aux chiens hurlants son corps déshonoré; Cet opprobre à son nom laisse une longue trace, La honte de sa mort s'étend jusqu'à sa race, Ses fils restent flétris et croient voir en passant Dans l'œil rouge des chiens la couleur de son sang ! — Puis-je vouloir cela, moi? Plus il m'est sévère, Plus mon devoir est grand envers lui : c'est mon père t
Mais si je l'avertis, pour toi pas de pardon,
Et sous mes yeux peut-être... Ah! Dieu! comprends-moi donc !
Prends pitié de ce cœur que l'angoisse déchire ;
Va, tu l'épargnerais si tu pouvais y lire 1
Renonce à ton dessein, je t'en prie à genoux;
Ton père nous attend ; viens, et pars avec nous.
HILDIGA
Et Walter 1
ELLAK
Walter même a conseillé ta fuite, Je te l'ai dit. — Enfin, fais-moi grâce! Elle hésite... X'hésite plus ! Partons.
HILDIGA
0 Walter, tu l'entends, Tu nous vois de là-haut : sois juge! — Il n'est plus temps, Attila vient.
ELLAK
Hélas!
HILDIGA, montrant la chambre du fond.
Ici je vais attendre Son arrêt et le mien.
ELLAK
Va : tu pourras entendre Ce crue je vais lui dire; il me reste un espoir.
HILDIGA
Adieu. Comme je fais le mien, fais ton devoir.
(Elle disparait dans la chambre du fond, Attila entre.)